Incendie à Notre-Dame de Paris: Le couple de faucons crécerelles est revenu nicher à la cathédrale

BONNE NOUVELLE Le couple de faucons crécerelles qui avait fui Notre-Dame pendant l’incendie est finalement revenu à la cathédrale, pile pour la période de ponte

Marie de Fournas

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Notre-Dame de Paris ne compte plus qu'un couple de faucons crécerelles, contre cinq couples dans les années 1980.
Notre-Dame de Paris ne compte plus qu'un couple de faucons crécerelles, contre cinq couples dans les années 1980. — Yves Gestraud / LPO
  • Depuis plusieurs années, un couple de faucons crécerelles a établi son nichoir sur la façade de Notre-Dame.
  • Pendant l’incendie, ils ont fui ce dernier, situé sur la façade est de la cathédrale.
  • Les deux oiseaux ont finalement été aperçus ensemble en fin de semaine dernière, autour de leur nichoir par des membres de la LPO.

L’unique couple de faucons crécerelles qui vivait à Notre-Dame de Paris et qui avait fui pendant l'incendie du 15 avril, est finalement revenu à la cathédrale. « La femelle a été aperçue jeudi dernier devant la même cavité où elle avait prévu de pondre. Le vendredi, le mâle était avec elle », s’est réjoui auprès de 20 Minutes, Emmanuel du Chérimont, membre de la Ligue de protection des oiseaux en Ile-de-France.

Il y a une semaine, les deux oiseaux avaient abandonné leur nichoir situé dans un trou du transept sur la façade est du bâtiment, en pleine période de reproduction, alors que la femelle devait pondre prochainement.

A seulement quelques jours de la période de ponte

« A Paris intramuros, les faucons crécerelles pondent aux alentours du 24 avril, détaille Emmanuel du Chérimont qui coordonne le groupe faucons à la LPO. Ces oiseaux sont fidèles à leur lieu de nidification, mais à condition de ne pas être dérangés. J’ai eu peur qu’ils ne reviennent pas avant plusieurs décennies. »

Le couple de faucons crécerelles de Notre-Dame
Le couple de faucons crécerelles de Notre-Dame - Yves Gestraud /LPO

Une bonne nouvelle que le spécialiste de faucons s’est empressé d’annoncer au régisseur général de Notre-Dame. « Il avait besoin d’une bonne nouvelle et c’est un oiseau emblématique de la cathédrale. Je dis parfois que c’est le Saint-Esprit de Paris à cause de son vol stationnaire quand il repère sa proie. C’est sa caractéristique et on appelle également ça un vol en Saint-Esprit ! »

Retarder les travaux

Pour autant, Emmanuel du Chérimont ne se réjouit pas trop vite et rappelle qu’en 2018 le montage de l’échafaudage autour de la flèche avait été si bruyant que le couple n’avait pas niché dans la cathédrale. « Là, l’échafaudage a complètement fondu dans l’incendie. Il va donc falloir le scier petit bout par petit bout, ce qui va faire beaucoup de bruit. Si le couple est à nouveau dérangé, il ne reviendra pas », avertit l’expert.

L’association compte demander avec l’accord de la Mairie de Paris, du Centre national des monuments et du responsable de la paroisse à ce que les travaux ne commencent pas avant fin juin-début juillet. « Les jeunes oiseaux auront alors déjà pris leur envol. » La LPO rappelle que le faucon crécerelle est une espèce protégée et que, si à cause des travaux le couple devait abandonner ses œufs, il s’agirait d’une remise en cause du cycle biologique de l’oiseau. Un délit puni de 150.000 euros d’amende et de deux ans d’emprisonnement par le code de l’environnement.