VIDEO. Incendie à Notre-Dame de Paris: «Je suis dévastée, j’ai pleuré hier soir et encore aujourd’hui»

REPORTAGE De nombreuses personnes sont venues devant la cathédrale ce mardi matin pour constater de leurs propres yeux les dégâts du terrible incendie survenu la veille...

Marie de Fournas

— 

De nombreux passants sont venus prendre des photos, se recueillir ou simplement voir de leur propres yeux Notre-Dame de Pars au lendemain matin de l'incendie
De nombreux passants sont venus prendre des photos, se recueillir ou simplement voir de leur propres yeux Notre-Dame de Pars au lendemain matin de l'incendie — Marie de Fournas/ 20 Minutes
  • Un grand nombre de passants se trouvaient tôt ce mardi devant la cathédrale Notre-Dame de Paris au lendemain de l’incendie qui a ravagé son toit et sa flèche.
  • Certains étaient là seulement quelques secondes le temps d’une photo, ou plusieurs minutes pour se recueillir.
  • Emus, choqués, inquiets ou nostalgiques, plusieurs d’entre eux nous ont livré leur ressenti.

Ce mardi matin, le quai de Montebello qui longe la Seine au bord de l’Ile de la cité, est bien silencieux. Depuis la veille la circulation est fermée aux voitures par mesure de sécurité. La veille, la cathédrale Notre-Dame de Paris a été victime d’un terrible incendie qui a ravagé son toit et sa flèche.

Il n’est que 7 heures et pourtant de nombreux badauds sont présents. Certains arrêtent leur course à vélo quelques minutes pour prendre une photo, d’autres restent là sans rien dire, à regarder. « J’ai fait un petit détour avant d’aller au travail pour venir voir, confesse Manu en ajustant son costume-cravate. Ça me fait un pincement au cœur. »

« On a tous un souvenir avec elle, tous eu un rendez-vous sur son parvis », lance Charles qui se rappelle avoir fait bénir ses alliances dans la cathédrale.

Le soir de l'incendie la fille de Charles âgée de 12 ans a eu très peur pour son papa qui travaillait comme magicien sur un bateau sur la Seine.
Le soir de l'incendie la fille de Charles âgée de 12 ans a eu très peur pour son papa qui travaillait comme magicien sur un bateau sur la Seine. - Marie de Fournas/ 20 Minutes

« Elle sera reconstruite c’est sûr, mais ça ne sera plus jamais pareil »

Pour presque tous, c’est le chagrin qui domine. « Je suis croyante et catholique. Je suis dévastée, j’ai pleuré hier soir et encore aujourd’hui », nous confie Anita. Une émotion que personne ne cache et que les gens partagent. Juste à côté, Thomas, les larmes aux yeux, engage naturellement la discussion avec cette dernière.

« J’ai peur que la reconstruction prenne trop de temps. J’ai 37 ans. Si cela met trente ans, je ne serai peut-être plus là pour le voir », raconte-t-il perdant ses mots lorsqu’il se rappelle la chute de la flèche. « Elle sera reconstruite c’est sûr, mais ça ne sera plus jamais pareil », soupire Anita.

« Je suis restée là toute la nuit »

8h30, la circulation a repris sur le quai. Journalistes du monde entier venus faire un plateau, touristes et Parisiens affluent. Mais il y a aussi ceux qui partent… « Je vais aller dormir. Je suis restée là toute la nuit, raconte Elise, une Brésilienne vivant à Paris. Nous étions plusieurs comme ça, à chanter spontanément des prières. » Dans sa main serrée, elle tient plusieurs petits morceaux de bois. « Pendant l’incendie, ils ont volé jusque sur le quai. Je vais les garder c’est important », explique celle qui a senti son cœur comme « transpercé » lorsque la flèche est tombée.

« Comment une telle chose peut-elle arriver au XXIe siècle ? »

Christophe non plus n’a pas réussi à rentrer chez lui avant le petit matin. Cet étudiant en histoire de l’art a eu peur que la bâtisse entière parte en fumée. « Je l’ai étudiée en cours d’art gothique, je passe souvent devant et de la voir ainsi amputée, ça fait quelque chose », se désole le jeune homme de 25 ans qui est à présent préoccupé de savoir quelles œuvres présentes sous la charpente ont pu être sauvées. Stéphane, le regard dans le vide face à l’édifice, s’interroge aussi : « Comment une telle chose peut-elle arriver au XXIe siècle ? »

Un passant à vélo s'est arrêté dans sa course pour photographier Notre-Dame de Parie au lendemain matin de l'incendie
Un passant à vélo s'est arrêté dans sa course pour photographier Notre-Dame de Parie au lendemain matin de l'incendie - Marie de Fournas/ 20 Minutes

Après la douleur viendra le temps des explications. « Rien dans l’état ne va dans le sens d’un acte volontaire », a résumé sur le parvis de la cathédrale ce mardi le procureur de Paris Rémy Heitz, après avoir ouvert dans la nuit de lundi à mardi une enquête pour « destruction involontaire par incendie ». « Ce sera une enquête difficile », a d’ores et déjà prévenu le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Laurent Nuñez.