Ile-de-France: Valérie Pécresse accuse la réglementation européenne d’empêcher ses nouveaux trains de rouler

TRANSPORT Non conformes à la nouvelle réglementation européenne, les trains de banlieue livrés après le 16 juin ne pourront pas circuler en Ile-de-France.

20 Minutes avec AFP

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Le nouveau train de banlieue de la région Ile-de-France, le
Le nouveau train de banlieue de la région Ile-de-France, le — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Ce mercredi, Valérie Pécresse s’est insurgée contre la nouvelle réglementation européenne. Les nouveaux trains de banlieue de la région Ile-de-France n’étant pas conformes aux « spécifications techniques d’interopérabilité » (STI) européennes, ceux mis en circulation après le 16 juin ne pourront pas circuler.

Cette date correspond à l’entrée en vigueur du « quatrième paquet ferroviaire » qui prévoit que tous les trains puissent rouler partout en Europe. En revanche, les trains du même modèle, reçus avant cette échéance, pourront eux rouler.

Des trains à plus d’un milliard d’euros

« Cette situation est totalement ubuesque ! », a indiqué la présidente d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), qui se trouve aujourd’hui « au pied du mur ». L’autorité régionale des transports attend encore la livraison de 110 rames Francilien entre juin 2019 et la fin 2021. Ces trains coûtent plus d’un milliard d’euros.

Obtenir une dérogation pourrait, « prendre des années », s’est alarmée Valérie Pécresse, dans un courrier adressé au président Emmanuel Macron. « Il me paraît inconcevable qu’une interprétation tatillonne de la réglementation retarde le déploiement tant attendu de ces rames, dont plus de 245 circulent d’ores et déjà sur le réseau francilien à la satisfaction de tous. »

Ces trains ne circuleront jamais sur un réseau européen

« Comment expliquer aux Français que des trains neufs se voient refuser le droit de circuler (…), alors que des centaines d’autres identiques continuent de circuler, car la sécurité des voyageurs n’est aucunement en cause ? Comment justifier que les Etats ne soient pas seuls juges des dérogations à accorder à des trains de banlieue qui ne circuleront jamais sur un réseau européen ? », s’interroge la présidente de région, qui dit attendre « une action immédiate et vigoureuse auprès de la Commission européenne » pour que ses nouveaux trains puissent rouler.

« Il y a des dérogations qui relèvent du droit national, et elles seront prises par le gouvernement, et d’autres qui nécessitent une autorisation par la Commission européenne. Le gouvernement a donc saisi la Commission européenne à la mi-février d’une demande de dérogation », a répondu le ministère des Transports qui n’imagine pas que ces trains ne puissent pas circuler.