JO 2024: Une ville de Seine-Saint-Denis candidate pour accueillir les épreuves de surf

SPORT La mairie de Sevran en Seine-Saint-Denis espère accueillir les épreuves de surf des Jeux olympiques 2024, grâce à son projet de base nautique comprenant un bassin géant avec vagues artificielles.

Marie de Fournas

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Vue aérienne du futur bassin de surf à vagues artificielles du parc de Sevran qui devrait ouvrir en 2023.
Vue aérienne du futur bassin de surf à vagues artificielles du parc de Sevran qui devrait ouvrir en 2023. — Linkcity
  • La ville de Sevran en Seine-Saint-Denis est candidate pour accueillir les épreuves de surf au JO 2024.
  • D’ici là, elle aura construit un parc sportif comprenant un bassin à vagues artificielles pour les surfeurs experts.
  • Accueillir ces épreuves serait un sacré coup de projecteur sur la commune qui veut se construire une nouvelle identité avec ce parc.

Des épreuves de JO à Sevran ? La ville de Seine-Saint-Denis a envoyé sa candidature pour accueillir les épreuves de surf aux Jeux olympiques de Paris 2024. En effet, la commune a pour projet de faire construire d’ici mi-2023, un parc de loisir de 32 hectares, dont le cœur sera un bassin de surf avec vagues artificielles :  La Vague-Grand-Paris.

« Il ne s’agit pas d’un bassin comme à l’Aquaboulevard, ce sont réellement des vagues autant pour les amateurs que pour les sportifs de haut niveau », assure à 20 Minutes Stéphane Blanchet, le maire de Sevran. « Il s’agit d’une technologie qui produit une vague toutes les six secondes et recrée l’ensemble des vagues que l’on retrouve en milieu naturel, nous explique Numa Mieli directeur du projet chez  Linkcity. Certaines atteignent deux mètres de haut, il y a une vague "experte" sur laquelle on peut surfer pendant 15 secondes et il est possible de programmer des playlists de vagues : trois Californiennes, puis deux Australiennes etc. »

Fini l’excuse « je n’ai pas eu la meilleure vague de la série »

« Pour des sportifs, des vagues comme ça, de qualité et régulière, c’est la perfection, décrit Yann, moniteur au Minou surf School de Locmaria-Plouzané dans le Finistère. Cela permet de savoir à l’avance quoi faire et à quel endroit. » Fini aussi les inégalités entre sportifs. « Lors de compétitions en mer c’est aléatoire, on se demande si on va avoir la bonne vague. Là, c’est la même pour tous, il n’y aura plus l’excuse de dire : “Je n’ai pas eu la meilleure vague de la série”. » Seul le meilleur gagnera, pas le plus chanceux.

Pour la mairie, la sélection du site pour accueillir les épreuves de surf serait un sacré coup de projecteur sur cette ville du 93 qui veut « changer d’image ». « Nous voulons avec ce projet donner à Sevran une identité forte et en faire un lieu de destination », explique le maire. Afin d’appuyer sa candidature, la mairie argue que la Vague-Grand-Paris se trouvera à seulement 10 minutes de l’aéroport Charles-de-Gaulle et que la ville sera desservie en 2024 par la ligne 16 du Grand Paris Express.

En concurrence avec Biarritz, Hossegor, Capbreton et Seignosse

Si Sevran n’est finalement pas sélectionné, le maire de la ville espère au moins que les équipements seront sélectionnés pour les entraînements aux JO. Le bassin peut accueillir simultanément 100 surfeurs.

Plusieurs facteurs pourraient faire s’effondrer les rêves de la mairie. Tout d’abord, il n’est pas sûr que le projet, dont la construction doit commencer en 2020, soit achevé comme prévu à l’automne 2023. En cas de retard, le calendrier avec les JO est très serré. Même risque concernant l’arrivée de la ligne 16 du futur métro. Le budget alloué à celui-ci a récemment été pointé du doigt par la Cour des comptes.

Enfin, par sûr que Biarritz, Hossegor, Capbreton et Seignosse, qui ont envoyé une candidature commune pour accueillir les épreuves de surf, se laissent prendre la place sans rien dire par une ville de Seine-Saint-Denis avec un bassin artificiel.