Paris: Sécurité, pollution… Faut-il changer, éteindre l'éclairage de la Ville Lumière?

ECLAIRAGE Le groupe les Radicaux de Gauche, Centre et Indépendants va faire une proposition de délibération pour un Plan lumière à Paris à l’horizon 2021

Romain Lescurieux

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La Tour Eiffel illuminée à Paris, le 8 mars 2016.
La Tour Eiffel illuminée à Paris, le 8 mars 2016. — Xavier Francolon/SIPA
  • Un Plan lumière dans la capitale est prévue à l’horizon 2021.
  • Esthétisme, sécurité, pollution... Le groupe les Radicaux de Gauche, Centre et Indépendants prend en compte de nombreux volets.

Paris, Ville lumière. Le groupe les Radicaux de Gauche, Centre et Indépendants va faire une proposition de délibération pour un Plan lumière dans la capitale à l’horizon 2021, lors du Conseil de Paris qui s’ouvre ce lundi. Laurence Goldgrab, présidente du groupe, doit ainsi formuler un certain nombre de suggestions, en tenant compte du contexte.

Dans le cadre du Plan Climat, la consommation énergétique liée à l’éclairage public devra en effet être diminuée de 50 % d’ici à 2030. De plus, les LED devront être privilégiées et la question de l’impact de la lumière sur le sentiment de sécurité, de tranquillité et de bien être, doit être prise en considération, rappelle-t-on à la mairie. 20 Minutes fait le point sur les idées « lumineuses » des Radicaux pour mettre au goût du jour l’éclairage parisien.

La lumière pour « embellir » et pour « sécuriser »

« Notre objectif est de créer une véritable identité de l’éclairage parisien et une vraie mise en scène », note Laurence Goldgrab. Comment ? Avec la création d’un « comité de la lumière », répond-elle. Réunissant acteurs privés et publics – mairie de Paris, Etat, RATP, commerçants et riverains –, cette instance devra proposer une politique commune de mise en valeur par la lumière des édifices et rues parisiennes et créer un parcours « découverte de Paris la nuit » avec des changements d’ambiance et jeux de lumière. La lumière pour embellir, mais également pour sécuriser.

Actuellement, Paris compte 345.000 points lumineux dont 192.000 d’éclairage public. « La recherche de la sécurité fut le premier objectif poursuivi par l’éclairage public. Si cet objectif est toujours d’actualité, une attention toute particulière doit être accordée sur le sentiment de tranquillité publique et de bien être dans l’espace public », note le groupe. Pour y parvenir, « la Ville devra interroger les femmes et les personnes les plus vulnérables, moins présentes dans l’espace public, en particulier la nuit », explique le groupe qui invite à s’appuyer sur l’enquête de 2016 de la ville intitulée « Genre et Espace public ».

Cette étude indique notamment que le « tout éclairé n’est pas forcément une solution, que des lumières trop froides, trop fortes sont désagréables et angoissantes ». Et qu’une attention toute particulière devra être dirigée aux stations de bus ou de tram. Enfin, le groupe prône un éclairage responsable car la lumière est une source de pollution.

Signaler des enceintes lumineuses

« C’est désormais avéré, la pollution lumineuse a des impacts néfastes sur les animaux, les végétaux et les humains », insiste Laurence Goldgrab, qui veut donc que la ville se dote « d’une trame noire » comme énoncé dans le Plan Biodiversité adopté en 2018. Le but de cette trame? Prendre en compte l’ensemble des continuités écologiques caractérisées par leur obscurité pour les préserver ou les restaurer. Notamment dans les parcs, jardins et bois. Enfin, le groupe veut sensibiliser les entreprises et commerçants sur les normes en vigueur et les effets néfastes de la pollution lumineuse et offrir la possibilité aux particuliers de signaler les enceintes lumineuses qui ne respecteraient pas les règles.

De leur côté, les Verts veulent ajouter que « la ville de Paris cesse tout éclairage, rétroéclairage ou dispositif numérique, quelle que soit la technologie employée, des publicités sur l’espace public ». Et que des éclairages dits « intelligents » dotés de capteurs de présence humaine soient intégrés dans les espaces verts et sur la voie publique en concertation avec les conseils de quartiers.