«Gilets jaunes»: Quelles démarches pour les commerçants victimes de dégradations?

SOCIETE Une réunion s’est tenue ce mardi entre la maire de Paris, Anne Hidalgo et des commerçants touchés par les violences de ces derniers mois dans la capitale

Romain Lescurieux

— 

Une vitrine endommagée aux Champs-Elysees après une manifestation des "Gilets jaunes".(Photo by Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP)
Une vitrine endommagée aux Champs-Elysees après une manifestation des "Gilets jaunes".(Photo by Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP) — AFP
  • Les actes de vandalisme durant les manifestations des « Gilets jaunes » ont déjà coûté 200 millions d’euros aux assureurs.
  • La mairie de Paris a rappelé les démarches nécessaires en cas de dégâts, mais des professionnels s'inquiètent. 

« On pourrait se voir tous les lendemains de week-end ! On se préoccupe des précédents samedis, mais quelles actions pourrions-nous mener pour que tout cela s’arrête ? », demande un commerçant à la maire de Paris, Anne Hidalgo. « Est-ce que ça va me coûter 18 fois la franchise ? Est-ce que j’ai une chance d’être indemnisé ? », abonde un autre. Comme lui, ils sont des dizaines à avoir été reçus à l’Hôtel de ville. Une réunion s’est en effet tenue ce mardi entre Anne Hidalgo et des commerçants touchés par les violences des derniers mois dans la capitale.

 

« J’ai des adhérents qui n’ont toujours rien touché »

Les actes de vandalisme en marge des manifestations des « gilets jaunes » ont coûté 200 millions d’euros aux assureurs depuis le début du mouvement jusqu’au 16 mars inclus, selon une estimation publiée ce mardi par la  Fédération française de l'assurance (FFA). La quasi-totalité de cette somme, soit 175 millions d’euros, a été versée aux entreprises pour indemniser les dégradations et les pertes d’exploitations subies.

Cette nouvelle estimation inclut les dommages subis lors de l’acte 18 du 16 mars marqué par une flambée de violence notamment près de l’avenue des Champs-Elysées. Un total de 91 commerces avaient été touchés par de la casse, des vols et des incendies, avait alors annoncé la Chambre de commerce et d’industrie de Paris et d’Ile de France. Par ailleurs, le Fouquet’s sera fermé durant trois mois.

« J’ai des adhérents qui n’ont toujours rien touché », s’alarme Didier Chenet, président du GNI qui représente les hôtels, cafés, restaurants et établissements de nuit indépendants. « Cette réunion d’information doit permettre d’accélérer toutes les procédures qui permettront à chacune et chacun d’être indemnisés. L’enjeu est aujourd’hui de retrouver une activité économique et commerciale », affirme Anne Hidalgo. Concrètement, quelles sont les démarches pour se faire indemniser ?

Récépissés, fonds de soutien et doutes

En cas de dommages causés lors de manifestations, le commerçant doit se présenter dans un commissariat pour déposer plainte. Un récépissé sera délivré et doit être adressé à l’assureur. Si celui-ci « vous indemnise, il se chargera d’accomplir les formalités complémentaires auprès de l’administration », note la mairie qui précise : « si votre assureur vous indemnise mais laisse à votre charge une franchise, ou bien si votre assureur ne vous rembourse pas envoyez au préfet de police la réponse de votre compagnie d’assurances ». Et ce, avec le récépissé, les devis ou facture de réparation, la liste des objets ou marchandises volés ou détériorés ou encore une évaluation des pertes d’exploitation.

En ce qui concerne les démarches après sinistres, la mairie, la préfecture de police, la chambre de commerce et d’industrie de Paris, conseillent notamment de demander qu’un expert, mandaté par la compagnie, vienne établir un constat. Enfin pour bénéficier du fonds de soutien doté de 1,5 million d’euros et créé par la Région Île-de-France, les commerçants et artisans touchés par les dégradations liées aux manifestations des « gilets jaunes » peuvent déposer leur dossier du 20 mars au 20 juin 2019.

« Nous sommes dans une situation dramatique d’un point de vue économique. Les 200 millions dont les assureurs nous parlent ne sont qu’une petite partie des dégâts, notamment en termes de chiffres d’affaires. Car des dépôts de bilan il y en aura », assure Dominique Restino, président de la chambre de commerce et d’industrie de Paris.