Salon du survivalisme: Face au chaos, fuir Paris serait «une pure hérésie»

FIN DU MONDE A l’occasion du salon du survivalisme de Paris, de vendredi à dimanche porte de La Villette, deux experts expliquent pourquoi chercher à fuir à tout prix la capitale en cas d’effondrement de la société n’est pas forcément une bonne idée

Marie de Fournas

— 

A moins d'avoir un refuge utopique, Paris ne sera pas le pire des refuge en cas de chaos, catastrophe ou d'effondrement de la société.
A moins d'avoir un refuge utopique, Paris ne sera pas le pire des refuge en cas de chaos, catastrophe ou d'effondrement de la société. — Free-Photos / Pixabay
  • Dans l’hypothèse d’un effondrement de notre société, les grandes villes qui ne tiennent que par l’approvisionnement en vivres seront les premières impactées.
  • Fuir à tout prix Paris ne paraît pas être la meilleure des solutions pour les experts en survivalisme urbain.
  • Les grandes métropoles comme Paris ont même des atouts que les gens vivants à la campagne pourraient envier en cas de chaos.

Que ceux qui se rêvent dans la peau d’un héros de série apocalyptique, arrêtent de fantasmer. La plupart des experts en survivalisme le disent, en cas d’effondrement de la société un refuge en zone rurale reste la solution la plus opportune, loin des violences générées par les pénuries et l’hyperconcentration de population.

« On entend beaucoup parler de B.A.D. [base autonome durable], c’est-à-dire d’un habitat secondaire pourvu de vivres, de sources d’énergies alternatives et de stocks en tous genres qui permettrait de se relocaliser en un éclair sans trop souffrir de ce changement brutal », décrypte Légendat, auteur du blog résilience-urbaine dédié aux solutions d’autonomie durable en milieu urbain et aux grandes thématiques du survivalisme en France. Sauf qu’aujourd’hui, très peu de personnes à Paris et sa région peuvent se targuer de posséder une telle oasis. Sans point de chute sûr « l’évacuation à l’aveugle est une pure hérésie », assure l’expert.

« Impensable d’envisager cette possibilité » avec des enfants

Avec plus de 12,2 millions d’habitants en Ile-de-France dont 2,1 à Paris, s’enfuir de la région nécessitera d’affronter de terribles bouchons. Il suffit de voir l’enfer du chassé-croisé des juillettistes et aoûtiens… « De plus, dans une voiture, on ne peut pas mettre grand-chose, souligne Pierre Templar, auteur du blog Survivreauchaos. Il faut des réserves d’essence, de nourritures, d’eau… Si on a une famille avec des enfants, c’est impensable d’envisager cette possibilité. »

En admettant que vous arriviez à sortir des embouteillages, il n’est pas sûr que votre arrivée à la campagne soit vraiment plus agréable. Pour Légendat, les nouveaux venus ne seront pas accueillis à bras ouverts. « Dans un monde de pénuries, chacun veille sur ses intérêts et sur sa famille. Nombreux sont ceux qui fantasment une vie dans les bois après un effondrement, mais les forêts françaises sont des déserts alimentaires depuis des décennies. Si tout le monde décide d’aller y trouver refuge, elles vont vite devenir très inhospitalières. » Mieux vaut rester chez soi dans un environnement que l’on connaît : un atout de taille en survivalisme. D’autant qu’une grande ville comme Paris a aussi ses avantages, à commencer par… Les Parisiens.

« Constituer une communauté de voisinage »

« La diversité des services fait qu’on y trouve des gens possédant beaucoup de qualifications différentes et utiles, en particulier les professions médicales, explique Légendat. Du spécialiste en logistique au commerçant alimentaire en passant par les personnels de sécurité ou encore les techniciens, des synergies peuvent être mises en place pour rétablir une certaine normalité. »

A la campagne, il peut être risqué de vivre isolé, tandis qu’en ville, les autres sont autant de partenaires avec qui faire du troc ou s’associer pour s’assurer sécurité et ressources vitales. « On peut constituer une communauté de voisinage, soit par affinité soit par zone géographique. Cela peut être un quartier ou même simplement un immeuble », donne comme exemple Pierre Templar. Car vivre dans un immeuble en cas de chaos n’est pas forcément plus problématique que dans une maison isolée. « Les espaces restreints sont plus simples à sécuriser. Un immeuble, Il y a la porte à garder. Si vous avez un terrain de cinq hectares, il va vous en falloir du monde pour le protéger », prévient l’expert.

En résumé, survivre en ville ne sera pas forcément un énorme désavantage par rapport à la campagne à condition que les humains (et les Parisiens) s’unissent. « Le survivalisme, ce n’est pas le fantasme malsain d’évoluer dans un monde en ruines, insiste Légendat. Notre but doit être de redonner du bon sens et du souffle à l’échange et à l’entraide entre les citoyens français pour créer un peuple fort, résilient et uni. » Une union qui passera non par « arriver à cultiver des pommes de terre, mais à trouver sa place grâce à ses compétences ou son activité et les faire valoir pour être utile », conclut Pierre Templar.

 

La seconde édition du Salon du Survivalisme se tiendra du 22 au 24 mars 2019 au Paris Event Center à la Porte de la Villette. Plusieurs thèmes tels que la survie, la gestion de l’eau, l’autonomie alimentaire ou encore la sécurité y seront abordés sur divers stands.

L’entrée est de 10 euros par jour ou de 23 euros pour le passe trois jours.
Les horaires d’ouverture du salon :
Vendredi : 9h30 - 18h
Samedi : 9h30 - 20h30 (nocturne)
Dimanche : 9h30 - 18h