Paris: Gaspard Gantzer officialise sa candidature à la mairie en 2020

ELECTIONS La candidature de cet ancien conseiller de Bertrand Delanoë s'ajoute à celles de Rachida Dati, Mounir Mahjoubi ou Pierre-Yves Bournazel

20 Minutes avec AFP

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Gaspard Gantzer, le 4 octobre 2018.
Gaspard Gantzer, le 4 octobre 2018. — AFP

C'est la fin d'un secret de Polichinelle: l'ancien conseiller en communication du président socialiste François Hollande, Gaspard Gantzer, a ajouté mardi soir son nom à la liste des prétendants à la mairie de Paris en 2020.

«Oui, je suis candidat» et «je veux être le candidat des classes moyennes et même de toutes les familles parisiennes», a-t-il déclaré au Parisien, dans une interview dans laquelle il critique sévèrement la sortante socialiste Anne Hidalgo.

La candidature de Gaspard Gantzer était attendue. Depuis plusieurs mois, cet énarque, ancien conseiller presse de l'ancien maire PS de la capitale Bertrand Delanoë (2001-2014) n'a eu de cesse d'avancer ses pions à coup de tribunes dans la presse. En 2017, il avait brièvement envisagé d'être candidat sous l'étiquette En Marche aux législatives à Rennes, avant de renoncer.

« La ville est dégueulasse, de moins en moins sûre, les transports ne fonctionnent pas »

«Chaque année depuis cinq ans, 12.000 Parisiens s'en vont à cause des prix exorbitants de l'immobilier et des loyers», indique ce communicant, estimant que ces départs sont causés parce que «la ville est dégueulasse, de moins en moins sûre, que les transports publics ne fonctionnent pas et en matière de pollution c'est un échec».

La maire de Paris et son équipe ont «trahi l'idéal, et abandonné les classes populaires», estimait récemment auprès de l'AFP Gaspard Gantzer. «Là où le pouvoir en place a le plus déçu, ce sont dans les quartiers populaires», disait-il, citant les «XVIIIe, XIXe et XXe arrondissements, mais aussi le sud de Paris, avec le XIIIe, XIVe et XVe» où «les gens ont le sentiment d'avoir été abandonnés».

«Disparition du périphérique et nouvelle politique du logement»

Son projet ? «Disparition du périphérique à terme, nouvelle politique du logement, des crèches supplémentaires, propreté, incitation au tri sélectif, modulation de certaines taxes pour les copropriétaires» sont autant de thèmes abordés par le dernier candidat déclaré.

Les 34 chefs de file de chaque arrondissement – avec un homme et une femme à chaque fois – seront présentés mercredi soir aux adhérents lors d'une soirée à l'Entrepôt (XIVe). Parmi eux, se trouvent notamment un ancien conseiller de Manuel Valls, Benjamin Djiane, José Baghdad, conseiller d'arrondissement PS dans le XVe, des avocats, enseignant-chercheur, consultant, professeur des écoles ou juriste, selon une liste dont l'AFP a obtenu une copie.

«L'avantage que l'on a par rapport aux autres, c'est qu'on peut tous les choisir», expliquait-il, se targuant de n'avoir «personne à recycler. On n'a pas de sortant ni de déçu à qui on doit offrir une compensation parce qu'ils n'ont pas été servis au tour précédent». 

«Il marche sur les mêmes plates bandes que Benjamin Griveaux»

Interrogé par l'AFP sur l'arrondissement dans lequel il serait candidat, Gaspard Gantzer a assuré que cela n'était «pas encore décidé». Tractations, annonces de candidatures soudaines et rencontres entre opposants avant la publication prochaine de plusieurs sondages sur la bataille de Paris: depuis une semaine, la pré-campagne s'accélère.

Gaspard Gantzer est ainsi le troisième candidat déclaré à l'Hôtel de Ville en une semaine, après l'ancienne Garde des sceaux Rachida Dati (Les Républicains), le secrétaire d'Etat au Numérique Mounir Mahjoubi (La République en Marche) et l'élu de centre-droit Pierre-Yves Bournazel. «On ne va pas commenter toutes les déclarations de candidature. (...) Nous, on est au travail», a réagi mardi soir l'entourage de la maire de Paris.

«Il marche sur les mêmes plates bandes que Benjamin Griveaux ou Pierre-Yves Bournazel», a taclé pour sa part Rémi Féraud, président du groupe PS au conseil de Paris, se disant «surpris» que Gaspard Gantzer «nie à ce point le clivage droite-gauche». «Avec "Parisiennes, Parisiens", c'est une approche faussement dépolitisée et vraiment de droite», estime l'élu qui prend en exemple le souhait de Gaspard Gantzer d'armer la future police municipale, une option préconisée par une partie de la droite parisienne.