Paris: Depuis un mois, 21 tags antisémites ont été recensés dans la capitale

SOCIETE La mairie va lancer une option sur l’appli « Dans ma rue » pour signaler les inscriptions antisémites, racistes, homophobes, sexistes afin de permettre une intervention en urgence

Romain Lescurieux

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Des boites aux lettres à l'effigie de Simone Veil ont été vandalisées le 11 février dernier dans le XIIIe arrondissement de Paris.
Des boites aux lettres à l'effigie de Simone Veil ont été vandalisées le 11 février dernier dans le XIIIe arrondissement de Paris. — Jacques Demarthon/AFP
  • En un mois, les équipes de propreté de la mairie de Paris ont recensé 21 tags antisémites dans la capitale.
  • La mairie va lancer une option sur l’appli « Dans ma rue » pour signaler les inscriptions haineuses

En l’espace de quelques semaines, la vitrine d’un restaurant Bagelstein a été taguée​ du mot « juden », en jaune, puis deux portraits de Simone Veil ont été tagués de croix gammées. Le symbole nazi a aussi été découvert dans le 12e arrondissement sur une plaque portant le nom d’enfants juifs déportés ou encore dans le skatepark du parc Martin-Luther-King dans le 17e arrondissement. Un tag raciste, antisémite et homophobe visant Kylian Mbappé a également été découvert dans le RER C. En un mois, les équipes de propreté de la mairie de Paris ont recensé 21 tags antisémites dans la capitale.

« Il y a une recrudescence »

« Il y a une recrudescence. Les agents chargés de la propreté et d’effacer les tags n’ont pas de doute. Ils n’ont jamais eu sur un laps de temps tel, autant de signalements. Depuis Bagelstein, nous avons recensé 21 inscriptions antisémites dans les rues de Paris, sur des façades, des commerces, du mobilier urbain, dans les jardins, les sanisettes publiques », déplore auprès de 20 Minutes, Paul Simondon, adjoint à la maire de Paris chargé de la propreté, qui prend ces chiffres avec des pincettes.

« Après, il n’y a pas de chiffres consolidés, nous n’avons pas beaucoup de recul sur le nombre d’inscriptions haineuses ces dernières années, car jusqu’ici nous intervenions pour les faire effacer très vite, sans en garder de traces. Mais par exemple, en 2018, aucun tag antisémite n’avait été trouvé dans les parcs. Depuis, on en a trouvé trois par exemple », ajoute-t-il.

Désormais, la ville systématise le fait de pouvoir transmettre les plaintes à la justice lors de tags sur du mobilier urbain. Et concernant les façades privées, la maire de Paris transmet directement au procureur des signalements pour qu’une enquête soit ouverte et propose à une copropriété par exemple, que la ville se porte partie civile. Par ailleurs, la mairie va lancer une option sur l’application « Dans ma rue » pour signaler particulièrement les inscriptions haineuses et permettre une intervention en urgence pour les retirer.

« Il y a aura bientôt une catégorie "inscription haineuse" » sur l’appli

La ville de Paris propose un service gratuit d’enlèvement de tous les tags sur les façades publiques ou privées. Il faut les signaler au 3975 ou via l’application « Dans ma rue ». Dès lors, un service de propreté dédié vient l’effacer « en une dizaine de jours ». Une procédure qui est plus rapide pour les tags haineux.

« Ça fait longtemps qu’il y a une procédure d’urgence pour les inscriptions antisémites, racistes, homophobes, sexistes. L’effacement se fait en quelques heures, en laissant un temps de constatation par la police pour une action en justice. Toutefois, j’ai demandé que l’application évolue. Il y a actuellement le bouton « tags » mais il y a aura bientôt une catégorie « inscriptions haineuses » pour que ça déclenche encore plus vite l’intervention », note-t-il avant de préciser : « Cela permettra aussi de collecter les informations pour être capable de se rendre compte s’il y a des pics ».

A la suite de la multiplication de ces actes antisémites ces dernières semaines, des milliers de personnes s'étaient rassemblées place de la République le 19 février.