VIDEO. Paris: Les shows drag-queen mettent fin à vos dimanches soir moroses

ALLEZ ON SORT Pas longs, pas tard, pas cher et très divertissants, les shows drag-queen sont le bon plan sortie du dimanche soir à Paris pour changer un peu ses habitudes.

Marie de Fournas

— 

Les drags-queens Angora von Lear et Etoile de Merde lors d'un show à La Mano à Paris
Les drags-queens Angora von Lear et Etoile de Merde lors d'un show à La Mano à Paris — Sonia Laurent

20h45 le dimanche. Au programme pour certains, le fameux combo Netflix, Macdo et errance sur canapé, mais pour d’autres, l’heure de se rendre à un petit show de Drag-queen dans la capitale. Le jour du seigneur, plusieurs lieux proposent ce genre d’événement comme le Who’s Club avec sa Drag Me Up ou La Mano. Ce soir, le club se transforme en boudoir, celui de Veronika von Lear.

Depuis un an, cette drag-queen réputée dans le milieu, organise un dimanche par mois un show dans ces lieux. 1 heure 45 durant lesquelles six artistes triés sur le volet proposent des performances artistiques sur un thème imposé. Ce soir, 17 février oblige, ce sera la Saint-Valentin. L’ambiance est bon enfant : le public composé d’une centaine de personnes assises par terre, attend impatiemment que le show commence.

« Parfois il y a des acteurs, des danseurs, des effeuilleurs »

C’est évidemment la maîtresse de maison qui ouvre le bal avec énergie et humour, avec la chanson « Je t’aime » de Lara Fabian, aux victoires de la musique 1998. « Même si ça ne va pas vous dire grand-chose, vu que les trois quarts de la salle sont nés après 95 », lâche Veronika sous les rires avant de débuter sa performance play-back. « La base du show c’est le lip sync, mais les artistes peuvent expérimenter ce qu’ils veulent. J’essaie de varier les profils, d’amener d’autres univers. Parfois il y a des acteurs, des danseurs, des effeuilleurs », nous précise Veronika.

Après elle, les artistes et les performances s’enchaînent, souvent humoristiques, parfois dramatiques. Tricki Blow en mariée larguée devant l’hôtel, sur «  Stay with me » de Lorraine Ellison, nous a arraché une larme (on avoue). Vite séchée avec l’arrivée d’ Etoile de Merde et son interprétation de croqueuse d’homme en boîte de nuit sur «  Tell It to My Heart ».

« Elle a des gros seins qui pendent, c’est mon petit kiff »

« Une drag-queen c’est généralement représenter une idée exagérée de ce que la société se fait de la femme, et pas de ce qu’est la femme », nous indique Etoile qui campe le personnage d’une femme d’âge mûr, parfois beauf, parfois maman chic de la haute, mais toujours avec un côté décalé. « Elle a des gros seins qui pendent, c’est mon petit kiff », explique l’artiste qui participe régulièrement à ce type de représentation.

Car un show de drag-queen est une performance artistique qui passe par un maquillage et des costumes incroyables, mais aussi un bon jeu d’acteur. Chaque drag a son personnage, qu’elle décline dans diverses situations et contexte.

D’autre part, le concept se décline dans l’autre sens : ce soir-là, Vesper Quinn était un drag-king. L’artiste avait passé de nombreuses heures à gommer ses attributs féminins pour une représentation très exagérée (et réussie) d’un homme ivre.

Faites péter les Kweeeeens

A l’entracte, Veronika von Lear rappelle au public qu’il peut échanger ses euros contre des Kweens. Cette monnaie ou un billet équivaut à un euro, permet d’encourager les Drag pendant leur show ou à la fin, comme cela se fait aux Etats-Unis avec les billets de 1 dollar. « Parce que recevoir des pièces dans la tête c’est super », plaisante Veronika. Mais si le public peut se permettre ce genre de petite extravagance, il existe des règles à apprendre lorsque l’on n’est pas initié et des limites à ne pas dépasser.

Des billets de 1 Kween, la monnaie des drags-queens
Des billets de 1 Kween, la monnaie des drags-queens - Marie de Fournas/ 20 Minutes

Quelques règles de savoir vivre. Merci

« Certaines personnes se permettent d’être lourdes, de nous toucher. Moi je ne prends pas les lunettes d’une personne que je ne connais pas, comme ça pour les essayer, compare Etoile de Merde. Ils ne savent pas que l’on a mis entre trois et quatre heures pour se préparer, que la perruque est colée et qu’il ne faut par la tirer ou encore qu’il ne faut pas nous toucher si on se fait la bise parce qu’on a 4 kg de maquillage. Si j’ai les fesses à l’air c’est parce que c’est mon choix de costume, ce n’est pas une offrande pour qu’elles soient claquées. On n’a pas toujours le temps ou l’envie de devoir à chaque fois le répéter et l’expliquer aux gens, on est là aussi pour s’amuser. » Bon sens et éducation seront donc de rigueur pour passer un bon dimanche soir.

Il ne faut pas confondre une drag-queen avec une personne trans, dont le genre biologique ne correspond pas au genre ressenti, ni avec un travesti, qui est un homme revêtant occasionnellement des habits féminins. Une drag-queen peut être interprétée par un homme, mais également par une femme.