Municipales à Paris: Dati, Lecoq, Berthout, Bournazel... Qui pour représenter la droite?

POLITIQUE Quelques personnalités se déclarent pour représenter la droite aux municipales de 2020 à Paris, mais les cadres du groupe Les Républicains et Indépendants (LRI) disent «travailler le fond» avant les noms

Romain Lescurieux

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Hôtel de ville de Paris, de nuit. (Illustration)
Hôtel de ville de Paris, de nuit. (Illustration) — ludovic MARIN / AFP
  • Rachida Dati et Jean-Pierre Lecoq se sont lancés dans la course.
  • Florence Berthout prône des primaires «ouvertes».
  • Pierre-Yves Bournazel sort un livre pour exposer sa volonté «d’en finir avec le "régimes des partis" à Paris ». 

« Quand on est dans la rue, on doit toujours répondre d’un sujet sur les terrasses, la propreté, les crèches. C’est le boulot des maires », rigole Florence Berthout, maire du 5e arrondissement, présidente du groupe Les Républicains et Indépendants (LRI) au Conseil de Paris et candidate en pré-campagne ? Si à ce jour, elle dit ne pas viser la mairie de Paris, d’autres personnalités de droite commencent à exposer leurs ambitions pour la capitale. Et ce, à un an du scrutin.

La droite en autogestion

Il y a un mois, la maire du 7e arrondissement, Rachida Dati, s’est portée candidate à l’investiture. Puis, le maire du 6e arrondissement, Jean-Pierre Lecoq a emboîté le pas. « J’ai envie d’avoir envie. Je suis déclaré et décidé, face à la situation dégradée de Paris », confirme-t-il à 20 Minutes.

Alors que les candidats En Marche s’écharpent sur le calendrier et le plan de bataille, qu’Anne Hidalgo « attend le dernier moment pour y aller », note-t-on dans les couloirs de la mairie, la droite parisienne – qui a abandonné le visuel et les couleurs de la maison mère - se cherche et s’autogère. « Laurent Wauquiez n’imposera pas un candidat, il laisse la droite parisienne se débrouiller toute seule pour choisir qui la représentera », assure un élu auprès de 20 Minutes.

« Il y a tout un travail qui ne se voit pas forcément »

Réunions, groupes de travail, séminaires, les élus du groupe disent plancher, dans l’ombre. « Il y a tout un travail qui ne se voit pas forcément. Mais nous travaillons beaucoup en groupes sur le fond et sur les contre-propositions, les questions de propreté notamment. En mars, je vais faire un séminaire avec les élus sur les questions de logement car ce sera un thème important de la campagne. C’est bien d’avoir le candidat ou la candidate mais si derrière les troupes ne sont pas d’accord sur la substantifique moelle, c’est compliqué », explique Florence Berthout.

La présidente du groupe qui regroupe à la fois des Républicains, des personnalités de la famille de droite et des Agir, rappelle qu’il s’agit d’un groupe « ouvert », d’une droite « pragmatique » et « carrée sur tous les sujets régaliens ». Mais qui se fixe quel calendrier ? Et surtout quelle organisation ?

Des primaires et des rejets

Florence Berthout est favorable à des primaires « ouvertes ». « A titre personnel, ça pourrait être intéressant de faire des primaires ouvertes. C’est très personnel, pas forcément partagé. Mais c’est bien de le mettre au débat. Ça prépare le terrain, ça permet de communiquer sur le travail effectué. Même si elles n’ont pas été chez nous une franche réussite, il faut laisser sa chance au produit », note-t-elle. « Ça mérite d’être examiné, mais je suis dubitatif », réagit Jean-Pierre Lecoq.

La commission d’investiture LR programmée à l’automne prochain devra décider du ou des candidats, candidates. Qui est pressenti ? « Ce n’est pas mon sujet. On n’en est pas encore là. Il faut être calme et serein mais on peut porter une candidature d’ouverture et c’est ce qui permettra de sortir d’un mode de gouvernance qui est rejeté par les Parisiens », affirme Florence Berthout. Concernant Rachida Dati, un cadre du parti indique : « Elle n’a pas d’équipe aujourd’hui. Elle ne peut pas y aller si elle n’est pas soutenue. »

Enfin, l’élu Pierre-Yves Bournazel (Agir-UDI), qui se dit intéressé par la mairie, n’a pas encore officialisé sa candidature aux municipales. Mais semble vouloir pour le moment se poser loin de l’appareil politique et de cette « organisation partisane ». « Je veux construire une offre politique inédite, faire avancer sa ville avant son parti », note-t-il auprès de 20 Minutes. Le 13 mars prochain, il sort son livre Revoir Paris. Un regard inédit sur l’avenir de la capitale. Le résumé : « Le candidat à la mairie de Paris expose avec finesse sa volonté d’en finir avec le "régime des partis" à Paris ».