Fliquer pour ne pas flipper cet été

Alexandre Sulzer - ©2008 20 minutes

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Philippe et Julien sonnent. Silence. La serrure n'a pas été forcée, la porte n'est pas fracturée, le paillasson n'a même pas bougé. Rassurés, ces deux policiers du quartier Commerce (15e) quittent l'étage, non sans avoir jeté un coup d'oeil sur les entrées des appartements adjacents.

Chaque jour durant l'été, ils inspectent les domiciles de 90 personnes inscrites à l'Opération tranquillité vacances (OTV). Au total, 2 850 Parisiens ont sollicité ce service cette année. S'il s'absente plus d'une semaine, tout habitant de la capitale peut bénéficier d'une surveillance policière gratuite de son logement. Un service vieux d'une dizaine d'années qui contribuerait, selon la préfecture de police, à la baisse des cambriolages l'été (lire encadré). « Notre présence, à des horaires irréguliers, est dissuasive », note Philippe. « Tout l'immeuble en profite », estime Stéphane Walton, officier de police dans l'arrondissement. « Cela permet aux forces de l'ordre de se familiariser avec les différents halls d'immeuble et leurs gardiens, mais aussi de repérer des fuites d'eau. » Nicole, artisane de la rue du Théâtre (15e), est enthousiaste : « Ça me tranquillise de savoir que mon magasin est surveillé. En cas de problème, je suis alertée. » Ce jour-là, les policiers sentent une odeur nauséabonde dans une cage d'escalier de la rue de la Croix-Nivert. Ils se rendent chez la gardienne pour s'assurer qu'aucune personne âgée n'habite seule. « Repérer des personnes décédées fait aussi partie des OTV », précise Philippe, qui ironise : « On n'arrose pas encore les plantes. »