La tour Eiffel lors d'un pic de pollution à Paris, en février 2018.
La tour Eiffel lors d'un pic de pollution à Paris, en février 2018. — Baleydier/SIPA

INTERVIEW

Pollution en Ile-de-France: Un prévisionniste de Airparif alerte sur «une situation de persistance»

Patrick Garnoussi, prévisionniste à Airparif décrypte pour «20 Minutes» le pic de pollution en Ile-de-France, de ce vendredi 22 février.

Ce vendredi, pour le troisième jour consécutif, Airparif prévoit un nouvel épisode de pollution aux particules fines en Ile-de-France. Explications avec Patrick Garnoussi, prévisionniste au sein de l’association, chargé de surveiller la qualité de l’air ambiant pour le compte de l’État et des pouvoirs publics.

Ce pic de pollution est-il particulièrement important ?

Cela fait une semaine que l’on a des valeurs soutenues en particules. Ce vendredi encore, on va dépasser les 50 microgrammes par mètre cube d’air. D’habitude, on est entre 20 et 25 microgrammes. Nous ne sommes pas encore au seuil d’alerte, puisque celui-ci est atteint lorsque l’on dépasse les 80 microgrammes. Cependant, comme cela fait plusieurs jours d’affilée que l’on dépasse les 50 microgrammes, nous alertons sur une situation de persistance.

Pourquoi les particules se concentrent-elles ainsi ces derniers jours ?

C’est lié à la météo. Il fait froid le matin et plus chaud l’après-midi. Cette inversion des températures fait que les particules se mélangent moins bien dans l’air et donc se concentrent. Demain, samedi, il devrait y avoir plus de vent, ce qui permettra de brasser ces particules dans plus d’espace d’air et donc de ne pas dépasser les 50 microgrammes par mètre cube d’air. En fait, l’inversion des températures plaque la pollution au sol au niveau des humains, entre zéro et 100 mètres.

Quels sont les risques pour les humains ?

La concentration de ces particules dans l’air peut avoir des effets nocifs au niveau des capacités pulmonaires. Pendant ce genre de pic de pollution, il faut absolument éviter tout effort à l’extérieur, qui ferait respirer plus d’air.

Privilégier les transports en commun ou réduire sa vitesse de circulation de 20 km/h permet d’émettre moins de particules et de ne pas amplifier l’événement. Ces particules proviennent également des chauffages au bois ou urbain. Il faut donc les éviter ou réduire au maximum.