Île-de-France: Valérie Pécresse prône la reconnaissance faciale dans les transports, l’opposition monte au créneau

TRANSPORTS La présidente de la région a exprimé ce souhait ce mercredi devant les élus d’Ile-de-France Mobilités

Romain Lescurieux

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Illustration du métro parisien
Illustration du métro parisien — POUZET/SIPA
  • Valérie Pécresse prône la reconnaissance faciale «pour la sécurité anti-terroriste», avec des caméras installées à l'entrée de gares.
  • Les élus Front de Gauche siégeant au conseil d'administration d'IDF Mobilités ont dénoncé « un projet fou et liberticide ».

Valérie Pécresse souhaite mettre en place la reconnaissance faciale dans les transports franciliens. Et petit à petit, la présidente de la région le répète à différentes occasions. Elle a évoqué cette idée début février devant la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, précisant que la reconnaissance faciale n’était aujourd’hui autorisée « que dans les aéroports », et regrettant « un degré différent de protection entre les trains et les avions ».

Elle a exprimé à nouveau ce souhait ce mercredi devant les élus d’Ile-de-France Mobilités. L’idée : tester la reconnaissance faciale « pour la sécurité anti-terroriste », avec des caméras installées dès maintenant à l’entrée de gares. Elle a notamment jugé « utile de repérer les terroristes recherchés par les services antiterroristes avant qu’ils ne montent dans les trains ». Mais quels seraient les contours d’un tel projet ?

« Ces caméras seraient connectées au fichier des personnes recherchées »

Le souhait serait de « disposer à l’entrée des gares RER et métro, éventuellement sur des quais, des caméras qui prennent en photo les voyageurs. Ces caméras seraient connectées au fichier des personnes recherchées », détaille pour 20 Minutes, Frédéric Péchenard, vice-président en charge de la sécurité, au sein du Conseil régional d’Ile-de-France. « Ainsi, parmi le flux des voyageurs, les gens recherchés, dangereux, sont identifiés et peuvent être interpellés avant qu’ils ne montent dans les trains, qui restent des cibles terroristes », ajoute l’ancien patron de la police nationale. Comment cela pourrait-il être réellement mis en place ?

« Aujourd’hui, techniquement c’est possible d’utiliser la reconnaissance faciale, mais politiquement le gouvernement n’a pas encore souhaité s’y engager. Et c’est un choix qui appartient à l’État. De notre côté à la région, nous pouvons pousser pour que ce soit fait, nous pouvons dire qu’on est d’accord pour accompagner l’État, nous pouvons peut financer de l’équipement. Mais on ne peut pas se connecter de nous-même à un fichier de police », explique Frédéric Péchenard. Les élus Front de Gauche siégeant au conseil d’administration d’IDF Mobilités ont dénoncé « un projet fou et liberticide ».

« Le prétexte de la lutte contre le terrorisme est fallacieux »

Selon les élus, ce projet pose « un enjeu de protection des données et de l’atteinte aux libertés individuelles extrêmement sérieux ». « Qui a accès à ces données ? Dans quel cadre ? », questionne Céline Malaisé, présidente du groupe Front de Gauche.

« Le prétexte de la lutte contre le terrorisme est fallacieux. L’efficacité du déploiement dans les espaces publics de ces dispositifs est loin d’être avérée. On voit en revanche l’usage liberticide qui en est fait dans des pays non démocratiques », note-t-elle. Les élus du groupe qui souhaite alerter de la « dangerosité d’une telle idée » demandent un débat sur le sujet et s’opposeront « toujours » à la reconnaissance faciale dans les transports franciliens.