Grand débat national: Les Parisiens peuvent y contribuer via les questionnaires Messenger d'«Entendre la France»

CITOYENNETE L’association Entendre la France a créé un chatbot sur Facebook Messenger permettant de participer au débat national. La Mairie de Paris s’est associée au projet

Marie de Fournas

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Page Facebook de l'association.
Page Facebook de l'association. —

Idéal pour tous ceux qui avaient un peu « la flemme ». L’association Entendre la France a créé un chatbot Facebook Messenger permettant de contribuer anonymement au grand débat national. « Sur Facebook, parce que c’est là qu’est né le mouvement  «gilets jaunes », qu’il y a 38 millions de comptes actifs en France et que beaucoup y donnent leurs avis politiques », explique à 20 minutes Jérémy Lefebvre, l’un des trois ingénieurs à l’origine du projet. La Mairie de Paris a décidé de s’associer à eux afin de récolter les contributions des Parisiens qui passeraient par ce biais.

Pour contribuer, le principe est simple, soit l’utilisateur se rend sur la page Facebook «Entendre la France» et envoie un message privé, soit il entre directement en contact avec le profil « Entendre la France » via sa boîte Messenger. Là, un chatbot propose aux internautes de répondre à de courts questionnaires de leur choix sur l’un des quatre thèmes proposé par le gouvernement. Il n’y a plus qu’à se laisser guider. Il est également possible d’écrire une contribution libre.

Le questionnaire Messenger pour contribuer au Grand débat national. (1)
Le questionnaire Messenger pour contribuer au Grand débat national. (1)

« 70 % des répondants ont moins de 35 ans »

Lancé il y a plus de deux semaines, le système qui s’adresse aux personnes majeures, a rapidement rencontré un vif succès, notamment chez les jeunes. « On a déjà enregistré près de 140.000 contributions, se félicite Jérémy Lefebvre. Pour l’instant, on observe que plus de 70 % des répondants ont moins de 35 ans. » Une victoire pour la petite équipe de trentenaires. En effet, dans les réunions publiques citoyennes du grand débat national ou dans les cahiers de doléances des mairies, les jeunes demeurent les principaux absents​.

« Quand on posait la question autour de nous à des personnes de moins de 40 ans, tous disaient s’intéresser au sujet, mais avoir la flemme de participer. » Réunions trop longues, sujets compliqués ou site internet du grand débat jugé pas assez pratique : les raisons de s’abstenir sont nombreuses. Là, les questionnaires, accessibles de n’importe où à condition d’avoir Facebook et Internet, durent une dizaine de minutes et leurs questions tirées des questionnaires officiels du gouvernement sont simples « et apolitisées », assure Jérémy Lefebvre.

Données accessibles à tous

A chaque début de questionnaires, le répondant doit indiquer sa ville, car c’est surtout à elles que les résultats du projet sont destinés. L’association s’engage à fournir à celles qui le souhaitent, les données synthétisées de leurs habitants. Des sortes de cahiers de doléances numériques. Pour l’instant des accords ont été passés avec la Mairie de Paris (PS) et celle de Croix (LR) dans le Nord. D’autres discussions sont en cours, assure l’association.

Données récoltées par Entendre la France au 13 février 2019, sur une base de 140.000 contributions.
Données récoltées par Entendre la France au 13 février 2019, sur une base de 140.000 contributions. - Entendre la France

Entendre la France promet que toutes les données récoltées resteront disponibles en open data pour les particuliers et professionnels qui souhaiteraient les utiliser. Pour mener à bien ce projet, l’association lance un appel aux dons et recherche des bénévoles notamment en exploitation et analyse des données ou encore graphisme.