Seine-et-Marne : Pour interpeller le gouvernement, des salariés brûlent du papier pour billets de banque

SOCIAL Les salariés d’une papeterie à l’arrêt depuis la mi-janvier revendiquent une indemnité de 50.000 euros par employé

20 Minutes avec AFP

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Un salarié de l'entreprise Arjowiggins alimente un feu devant l'établissement
Un salarié de l'entreprise Arjowiggins alimente un feu devant l'établissement — SARAH BRETHES / AFP

Plus de cent personnes en cercle et au milieu un brasier où se consument des bobines et des feuilles de papier pour passeports, cartes grises, chèques et billets de banque. Les salariés d’une papeterie à l’arrêt depuis la mi-janvier ont brûlé mercredi 6 février en Seine-et-Marne du papier pour billets de banque mexicains, indonésiens et israéliens.

Ils occupent le site de Jouy-sur-Morin depuis la liquidation judiciaire le 16 janvier de l’entreprise d’Arjowiggins Security, ancienne filiale du groupe papetier Sequana vendue l’an dernier à un fonds d’investissement suisse, Blue Motion Technologies Holding. Les salariés n’espèrent plus la reprise de l’activité, mais une prime de licenciement « extralégale » de 50.000 euros pour chacun des 240 salariés.

Une prime de licenciement de 50.000 euros

Pour interpeller le gouvernement, ils avaient déjà brûlé une partie de leur stock de papier pour cartes grises, passeports et chèques de banque. Mais, selon le délégué CGT Patrice Schaafs, l’Etat « fait mine de s’en désintéresser totalement ».

Les salariés ont donc franchi une nouvelle étape mercredi en jetant au feu du papier pour billets de banque destiné à leurs clients en Israël, en Indonésie et au Mexique Ils comptent également des clients en Belgique, en Chine, en Allemagne, en Inde et au Royaume-Uni. Le délégué syndical espère maintenant que les ambassades des pays clients de l’usine vont « s’adresser à l’Etat pour lui demander des comptes ».

« Ce sont nos dernières cartouches »

Nombre de salariés observaient le brasier, l’air abattu. « C’est triste. Je pense que ce sont nos dernières cartouches », a commenté Marie-Line, 60 ans, dont 12 dans cette usine. Plusieurs membres de sa famille y travaillent aussi : « Il n’y avait que ça dans la région. »

« C’est foutu pour nos emplois, maintenant on veut partir dignement. Comme tout le monde, on a des crédits, un frigo à remplir », a souligné Rémy, 36 ans, se disant prêt à se battre « jusqu’au bout ».