Essonne: Un policier jugé pour avoir pourchassé et tiré sur des voleurs de magrets de canard

SOCIETE Le procès doit durer jusqu'à vendredi

20 Minutes avec agences

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Illustration de la balance de Thémis, symbole de la Justice. (Illustration)
Illustration de la balance de Thémis, symbole de la Justice. (Illustration) — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA
  • En 2011, dans un petit supermarché de Limours (Essonne), deux hommes glissent chacun un sachet de magrets de canard sous leurs tee-shirts.
  • Un homme assiste à la scène: Gwenaël L., policier hors service, 39 ans à l'époque. Il décide de prendre en chasse les deux voleurs.

Un policier est jugé à partir de mardi devant les assises de l'Essonne, à Évry, pour tentative de meurtre. Il avait pourchassé et tiré sur des voleurs de magrets de canard en fuite. 

«Légitime défense»

En 2011, dans un petit supermarché de Limours (Essonne), deux hommes glissent chacun un sachet de magrets de canard sous leurs tee-shirts. Ils sont repérés par le gérant, mais parviennent à s'échapper.

Un homme assiste à la scène: Gwenaël L., policier hors service, 39 ans à l'époque. Il décide de prendre en chasse les deux voleurs, qui ont grimpé à l'arrière d'une fourgonnette les attendant devant le magasin.

Le policier assure qu'il ne voulait au départ que s'approcher pour relever leur immatriculation. Alors qu'il poursuit la fourgonnette, explique-t-il, celle-ci fait subitement marche arrière, et menace de heurter sa voiture. Il craint que le choc ne lui soit fatal, sort son arme de service, et tire à plusieurs reprises, en «légitime défense».

Version mise à mal 

Les deux hommes, blessés à la cuisse pour l'un et au bras pour l'autre, sortent du véhicule. Le policier fait un garrot, appelle les secours, qu'il attend.

La version de Gwenaël L. pourtant, est mise à mal par les occupants de la fourgonnette, des témoins, et surtout par les expertises balistiques.

Car selon celles-ci et contrairement à ce qu'il soutient, Gwenaël L., un gaucher, a tiré les premières balles alors qu'il était au volant de sa voiture, le bras passé par la fenêtre. Puis il en est descendu et, en marchant ou en courant, il a de nouveau tiré à plusieurs reprises en direction de la fourgonnette.

Une attitude de «justicier»

Au total, Gwenaël L. a tiré sept fois. Une réaction «en dehors de tout entendement», «en dehors de toute raison» au vu de la situation, et face à des voleurs qui ont cessé de prendre la fuite, estiment les enquêteurs.

En tirant sur la fourgonnette en dehors de tout danger et de tout enjeu, l'accusé a selon eux pris le risque conscient d'atteindre, et donc de tuer, les fuyards.

Une attitude de «justicier» qui avait déjà été remarquée, d'après les témoignages d'anciens collègues, qui l'ont décrit comme un homme imbu de sa personne et imprévisible, et de son ex-femme. Celle-ci l'avait notamment vu prendre en chasse des automobilistes qui avaient commis des infractions, carte de police plaquée à la vitre, en dehors de ses heures de service. Le procès doit durer jusqu'à vendredi.