Police municipale à Paris: «Les Parisiens sont en demande d’ordre, Anne Hidalgo y répond»

POLITIQUE La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé ce vendredi que la ville allait se doter d’une police municipale…

Romain Lescuieux
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La DPSP ce mercredi dans le 20e
La DPSP ce mercredi dans le 20e — R.LESCURIEUX
  • La maire de Paris avait demandé en juillet un audit sur la sécurité dans la capitale.
  • Pourtant opposée au projet en 2014, elle a décidé de créer une police municipale en 2020. Celle-ci sera munie de matraques « Tonfa ».

« Les Parisiens sont en demande d’ordre, Anne Hidalgo y répond », a déclaré ce vendredi soir, Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris. Anne Hidalgo, pourtant initialement opposée au projet, a décidé de créer une police municipale en 2020 , munie de matraques de « Tonfa ». Cette police municipale sera « complémentaire et pleinement coordonnée avec la police nationale », assure-t-on à l’Hôtel de Ville. Cadre, calendrier, missions, armement… 20 Minutes fait un point technique sur cette nouvelle annonce.

Combien d’agents ?

Ils seront 3.400 policiers municipaux déployés dans la capitale. Et des recrutements sont déjà prévus. Selon la mairie, 200 agents supplémentaires vont être recrutés. Soixante d’ici à la fin du premier semestre et les autres par concours à la fin de l’année.

Pour quelles missions ?

Dans la continuité du travail de la brigade de lutte contre les incivilités lancée en 2016, ces agents vont davantage lutter « contre les incivilités qui gênent la vie quotidienne des Parisiens », indique Emmanuel Grégoire. Ils auront trois missions principales : Garantir la propreté des rues, veiller à la tranquillité publique et assurer la protection des déplacements.

Mais aussi selon la mairie de Paris, elle pourra intervenir sur l’occupation de l’espace public, les nuisances sonores, les dépôts d’encombrants, épanchement d’urine, le tapage nocturne, le rodéo sauvage, la petite délinquance ou encore la vente à la sauvette. « Aujourd’hui, nos agents ne sont pas assermentés suffisamment pour pouvoir avoir un rôle répressif. Les missions vont être clarifiées », ajoute l’élu. A noter que cette police ne s’occupera pas des cambriolages, des stupéfiants et elle n’interviendra pas dans le domaine privé.

Avec quels moyens d’action ? Avec quel armement ?

La mairie évoque dans un premier temps la prévention et le dialogue. Puis la sanction en délivrant des amendes. Côté armement, cette police municipale sera munie de matraques « Tonfa ». Ces policiers seront également munis de gaz lacrymogène et de gilets tactiques, une caméra-piéton, et des véhicules avec gyrophares. Un temps évoqué, le « Taser » ne fera finalement pas partie de l’équipement de ces agents. Cette police pourra intervenir 24 heures/24 et plus particulièrement la nuit.

Quel cadre ?

Actuellement, les 3200 agents municipaux ​ne peuvent pas effectuer des contrôles d’identité, n’ont pas la capacité d’intervention et de verbalisation sur tous les domaines, insiste-t-on à la mairie. « C’est ça qu’on veut clarifier », insiste Emmanuel Grégoire. Par ailleurs, la mairie de Paris pose un préalable : que l’Etat s’engage, par un contrat pluriannuel signé avec la ville, à maintenir les effectifs de la police nationale dans les commissariats.

Quel est le calendrier ?

La loi sur le statut de Paris, de février 2017, a doté Paris d’un cadre légal qui permet le fonctionnement immédiat d’une première forme de police municipale parisienne. Des modifications législatives devraient être apportées dans un second temps pour « créer un statut à part entière de l’agent de police municipale de Paris et l’habiliter sur l’ensemble de ses champs de compétence ». En février, la mairie de Paris écrira au ministère de l’Intérieur pour lui faire part de l’ensemble du projet.

Pour quel coût ?

La mairie entend engager pour l’année 2019, 2 millions d’euros pour les recrutements et 1,5 million pour l’équipement. Pour les années suivantes, le budget s’effectuera avec l’ensemble des groupes politiques.