Paris: Des milliers de manifestants anti-avortement attendus dimanche

MOBILISATION Les organisateurs espèrent entre 30.000 à 50.000 manifestants. L’an dernier, ils en avaient recensé 40.000, alors que la préfecture de police en avait compté 8.500…

20 Minutes avec AFP

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Des personnes brandissent des pancartes lors de la 7e édition
Des personnes brandissent des pancartes lors de la 7e édition — BORIS HORVAT / AFP

Ils veulent notamment défendre la «clause de conscience» des médecins qui refusent de pratiquer des avortements. Des milliers d’opposants à l’IVG sont attendus, ce dimanche à Paris, pour la 13e « Marche pour la vie »

Les manifestants, qui estiment que « la banalisation de l’avortement n’a jamais été aussi forte » en France, réclament une « politique de santé digne de ce nom, visant à diminuer » les quelque 220.000 IVG annuelles. Le défilé doit partir à 13h30 de la porte Dauphine pour se diriger vers le Trocadéro.

La clause de conscience des médecins contestée

Compte tenu du « contexte de défiance vis-à-vis du gouvernement et de la crise des "gilets jaunes" », les organisateurs se disent « assez optimistes » en ce qui concerne la participation attendue : ils tablent sur 30.000 à 50.000 manifestants. L'an dernier, ils en avaient recensé 40.000, alors que la préfecture de police en avait compté 8.500.

Il s’agit notamment de dénoncer les « extensions » au droit à l’avortement constatées ces dernières années, a expliqué Olivier Ruisseau, l’un des porte-parole des organisateurs, qui cite par exemple la loi de 2017 étendant le délit d’entrave à l’IVG. Les organisateurs s’inquiètent également d’un risque de remise en cause de la clause de conscience dont les médecins et infirmiers peuvent se prévaloir pour refuser de pratiquer une IVG.

Le soutien du pape François

Le gouvernement a fait savoir l’an dernier qu’il n’entendait pas revenir sur cette clause, mais les pro-avortement se disent vigilants : « on pense que ça va être la prochaine étape dans la banalisation de l’avortement, ça nous apparaît malheureusement évident », a dit Olivier Ruisseau. Les organisateurs affirment aussi craindre que la future révision de la loi sur la bioéthique, attendue avant l’été, ne conduise à une « libéralisation totale de la recherche sur l’embryon » et à une « extension des politiques eugénistes », via la généralisation du dépistage pré-implantatoire de certaines maladies.

La « Marche pour la vie » n’est « pas confessionnelle », mais des évêques catholiques, dont l'archevêque de Paris Michel Aupetit, « ont appelé à venir » à cette manifestation, selon Olivier Ruisseau. La nonciature apostolique (ambassade du Saint-Siège) à Paris a transmis aux organisateurs un message d’encouragement du pape François.