Brétigny: Les juges ont terminé leur enquête sur la catastrophe ferroviaire

SOCIETE Après cinq ans d'enquête, l'affaire a connu un rebondissement inattendu la semaine dernière...

20 Minutes avec AFP

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Wagons enchevêtrés le 12 juillet 2013 à Bretigny-sur-Orge.
Wagons enchevêtrés le 12 juillet 2013 à Bretigny-sur-Orge. — - AFP

Fin de l’enquête. Les juges d’instruction chargés de l’enquête sur la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne), qui a fait sept morts et des dizaines de blessés en 2013, ont terminé leurs investigations, a-t-on appris jeudi auprès du parquet d’Evry.

Rebondissement

Après cinq ans d’enquête, l’affaire a connu un rebondissement inattendu la semaine dernière avec la mise en examen d’une première personne physique – un cadre de la SNCF – pour homicides et blessures involontaires.

Jusqu’alors, seules deux personnes morales, la SNCF et RFF (Réseau ferré de France, le gestionnaire des voies, devenu SNCF Réseau), avaient été mises en examen, également pour homicides et blessures involontaires.

Au cours de l’enquête, toutes les expertises ordonnées par la justice ont conclu que ce train Intercités avait déraillé à cause d’un morceau de voie mal entretenu qui s’est désagrégé au fil du temps, alors que la SNCF estime de son côté que l’assemblage incriminé a cédé brutalement et que l’accident était donc imprévisible.

« On espérait d’autres mises en examen »

Le cadre de la SNCF mis en examen mercredi dernier était à la tête de l’équipe chargée de l’inspection des voies au moment du déraillement, en juillet 2013. Il avait auparavant été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté, comme deux membres de son équipe.

C’est lui qui avait personnellement réalisé la dernière inspection de cette portion de voies huit jours avant le drame, inspection au cours de laquelle il n’avait rien remarqué d’anormal, avait-il dit aux enquêteurs.

Son avocat, Philippe Valent, avait critiqué la semaine dernière une mise en examen sans « aucun élément nouveau », quatre ans après sa dernière audition devant les juges.

Dans une affaire « aussi complexe », il a aussi fortement regretté jeudi le très court délai entre la mise en examen de son client et la clôture de l’enquête, « une rare déloyauté » de la part des magistrats, selon lui. « On espérait d’autres mises en examen, notamment de responsables de la maintenance des voies », a pour sa part réagi Xavier-Philippe Gruwez, avocat d’une dizaine de victimes.

La fin des investigations ouvre une période durant laquelle les parties peuvent faire des observations ou demander des actes d’enquête, avant les réquisitions attendues du parquet puis un renvoi ou non des protagonistes en procès, décidé par les juges d’instruction.