«Gilets jaunes»: Huit mois avec sursis pour des menaces de mort contre Marlène Schiappa et un policier

JUSTICE Cet électricien au casier judiciaire vierge, interpellé samedi matin à son domicile près de Mantes-la-Jolie (Yvelines), était jugé pour des messages envoyés sur Facebook jeudi et vendredi…

20 Minutes avec AFP

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Tribunal de Versailles.
Tribunal de Versailles. — BOUTIN PHILIPPE/SIPA

Un homme de 31 ans, sympathisant «gilet jaune», a été condamné à 8 mois de prison avec sursis lundi à Versailles pour outrage, menaces de mort et de crime à l’encontre d’un élu Marlène Schiappa, menace de mort à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique et usage de stupéfiants (de la résine de cannabis ayant été retrouvée chez lui).

L’enquête a démarré avec le signalement d’un autre « gilet jaune », dont le frère, policier, avait reçu des menaces de la part de cet internaute. Alors qu’il le contacte à son tour pour lui demander de « se calmer », le prévenu formule d’autres menaces à l’encontre des forces de l’ordre, à la veille de l’acte 9.

« Quand les policiers m’ont lu mes messages, j’ai été choqué »

Les enquêteurs remontent jusqu’à son domicile et, sur son téléphone, retrouvent la trace de deux messages adressés à la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes, envoyés sur le même réseau social, la menaçant de mort et de viol.

Le prévenu, qui dit avoir participé à deux manifestations parisiennes des « gilets jaunes », a affirmé avoir copié-collé l’un des messages depuis un groupe Facebook qui incitait à l’envoyer à Marlène Schiappa, affirmant ignorer alors qu’elle était membre du gouvernement. « Je le regrette, je le ferai plus jamais de ma vie », a-t-il assuré, ajoutant : « Quand les policiers m’ont lu mes messages, j’ai été choqué de leur violence ».

Schiappa est « celle qui subit le plus de cyber-harcèlement au gouvernement »

« Il y a de plus en plus d’élus ou de membres du gouvernement qui font l’objet de menaces, d’intimidation », a déclaré le procureur, qui avait requis trois mois avec sursis. « La contestation c’est un droit, mais elle ne peut pas s’exercer par le biais de menaces, d’insultes, d’outrages », a-t-il ajouté.

Ces menaces, « ce n’est pas un débat, ce n’est pas la liberté d’expression », a aussi estimé Me Eric Morain pour la partie civile, affirmant que Marlène Schiappa est « celle qui subit le plus de cyber-harcèlement au gouvernement, depuis des mois et des mois ».

« Vous avez dit "consternant", j’ajoute "lamentable" et (le prévenu) le pense aussi », a lancé l’avocate de la défense Me Sylvie Sezikeye, en s’adressant au président du tribunal. « Aucune arme » n’a été retrouvée chez lui, a-t-elle cependant souligné, évoquant « quelqu’un de fragile » qui s’est « laissé entraîner ».