Explosion à Paris: Pourquoi la qualité du réseau gazier dans la capitale est remise en cause?

SOCIETE Une explosion dans le 9e arrondissement a fait samedi quatre morts et une cinquantaine de blessés...

R.L.

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Emergency workers and firefighters intervene after the explosion of a bakery on the corner of the streets Saint-Cecile and Rue de Trevise in central Paris on January 12, 2019. (Photo by Thomas SAMSON / AFP)
Emergency workers and firefighters intervene after the explosion of a bakery on the corner of the streets Saint-Cecile and Rue de Trevise in central Paris on January 12, 2019. (Photo by Thomas SAMSON / AFP) — AFP

Un quartier sous le choc et des interrogations. Samedi, l’explosion d’une boulangerie, qui serait due à une fuite de gaz, a fait quatre morts. Une cinquantaine de personnes ont également été blessées - neuf grièvement dont un sapeur-pompier et 45 légèrement - dont plusieurs touristes étrangers présents dans ce quartier central de la capitale qui compte de nombreux hôtels. Vers 9 h, cette explosion a fait trembler les immeubles dans plusieurs rues voisines, soufflé des dizaines de vitres et retourné des voitures.

Si la cause exacte de l’explosion n’est  pas clairement identifiée à ce stade, a déclaré ce dimanche, Christian Buffet, le directeur exécutif de GRDF, qualifiant cet accident d'« assez exceptionnel » par sa gravité et son ampleur, la qualité du réseau de gaz à Paris a toutefois été mise en cause. 20 Minutes fait le point.

D’où vient la remise en question de la qualité du réseau ?

Dans un entretien au Parisien, l’élu de Paris  Alexandre Vesperini (PPCI), a estimé que le réseau de gaz de la capitale était « dans un état catastrophique » et de « vétusté avancé », constituant un « véritable boulet meurtrier ». Précisant : « Ce type d’accident peut se reproduire à de très nombreux endroits dans la capitale ». « Après le 6ème, nouvelle explosion destructrice cette fois dans le 9ème. Immense peine pour les victimes civiles. Immense peine pour @Pompiers de Paris qui sont confrontés à un réseau gazier dangereux », a-t-il également indiqué sur Twitter.

Que répond GRDF ?

Dans un communiqué publié dimanche Gaz réseau distribution France​ (GRDF), chargé de la distribution du gaz naturel, a réagi à ces propos d’Alexandre Vesperini. « S’inscrivant en faux quant à ses déclarations », la société rappelle que « le réseau de gaz parisien est très contrôlé. « Le réseau de gaz parisien fait l’objet d’une surveillance permanente et d’un contrôle rigoureux » se traduisant par « plus de 50 millions d’euros investis annuellement et 40 km de réseaux renouvelés chaque année dans Paris pour assurer son exploitation dans des conditions de sécurité optimales », avance dans un communiqué GRDF, qui exploite 1.938 kilomètres de réseau à Paris où il compte 500.000 clients. Par ailleurs, une enquête judiciaire est en cours pour déterminer les causes de l’accident.

Que dit-on à la mairie du 9e et à la mairie centrale ?

« Cette polémique est indécente. Un petit malin veut se faire de la pub alors que l’enquête est en cours. Cela n’a aucun sens », a dénoncé auprès du Monde, Delphine Bürkli, la mairie du 9e arrondissement. Invité sur BFM Paris, le premier adjoint à la maire de Paris, Emmanuel Grégoire, dément la vétusté du réseau parisien de gaz dont la commune est propriétaire et veut « rassurer les usagers ». « Le réseau, il a été pour plus de 50 % renouvelé depuis 1990. Ce n’est pas parce qu’un réseau est ancien qu’il est vétuste », a-t-il déclaré, n’hésitant pas a tacler Alexandre Vesperini. « Monsieur Vesperini ne connaît rien au sujet. Il est membre de la commission supérieure de contrôle (du gaz), qui est une commission composée d’élus et de professionnels du secteur, il n’y va quasiment jamais. Il n’y a jamais pris la parole depuis qu’il est en fonction ».

« Je suis choquée par l’indécence et l’irresponsabilité des propos de @A_Vesperini. Le réseau parisien géré par @grdf fait l’objet d’investissements importants et d’une surveillance forte. C’est à l’enquête de déterminer les causes de cet accident tragique », a indiqué sur Twitter, Célia Blauel, adjointe écologiste à l’environnement auprès d’Anne Hidalgo.