Paris: Une «série de dysfonctionnements» et un manque de moyens à l'origine du décès d'une patiente à Lariboisière

HOPITAL La patiente, âgée de 55 ans, avait été retrouvée morte en décembre près de douze heures après son entrée aux urgences...

20 Minutes avec AFP

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L'hôpital Lariboisière en 2013 à Paris.
L'hôpital Lariboisière en 2013 à Paris. — THOMAS SAMSON / AFP

L'hôpital Lariboisière a révélé les détails d’une enquête interne après le décès inexpliqué d'une patiente en décembre. Les premières conclusions dévoilées ce lundi pointent « une série de dysfonctionnements » dans sa prise en charge, dans un contexte plus général de manque de moyens.

La patiente de 55 ans avait été retrouvée morte presque 12 heures après son admission pour des céphalées. Sa « surveillance », son « identification » erronée et un « délai de prise en charge très important » font partie des défaillances soulevées dans le rapport commandé par l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France. Sa famille a déposé plainte ce lundi pour «homicide involontaire» et «non-assistance à personne en danger», a indiqué à l'AFP l'avocat Eddy Arneton.

Un nom erroné

Si « le tri et l’orientation » de la patiente, reçue par une infirmière dix minutes après son arrivée à 18h40 le 17 décembre, ont « été conformes aux procédures du service et aux recommandations nationales », aucune réévaluation de son état n’a été effectuée entre 21 heures et minuit. C’est à cette heure qu’elle a été appelée pour la première fois, plus de cinq heures après son inscription. Il s’agissait alors de l’installer dans un box d’examen.

« Deux appels (…) n’ont pas abouti à l’identification de la patiente dans une salle d’attente surchargée », notent les auteurs du rapport, la patiente n’ayant pas répondu, peut-être en raison de son nom erroné. Elle a été considérée comme sortie « sans vérification des bracelets des malades en attente ».

Un médecin absent

« Ces écarts aux bonnes pratiques ont eu lieu dans un contexte où l’activité », avec 249 passages, « était supérieure à la moyenne », qui est de 230 passages par jour environ à Lariboisière, note l’AP-HP dans un communiqué. Les effectifs paramédicaux étaient au complet ce soir-là mais l’absence d’un médecin en journée a entraîné « une surcharge sur l’activité de garde ».

Plus généralement, « le ratio des effectifs médicaux (…) au regard de l’activité, est inférieur à celui des autres urgences de l’AP-HP », alors même que les urgences de Lariboisière sont les plus fréquentées de la région parisienne, avec plus de 85.000 passages par an. En outre, l’établissement du 10e arrondissement accueille de nombreux patients précaires « avec ou sans pathologie » qui alourdissent la charge de travail des paramédicaux, relèvent les auteurs du rapport.

Autre problème, la « surface » et le nombre insuffisant de box d’examen qui contribuent à l’engorgement du service « en soirée », selon le rapport. Ses auteurs formulent une dizaine de recommandations pour Lariboisière et au-delà, appelant plus largement à une « réflexion nationale sur la définition de normes relatives aux moyens nécessaires » dans les services d’urgences. Le rapport n’apporte aucun éclairage, en revanche, sur les causes du décès de la patiente. Encore inconnues, elles relèvent d’une enquête judiciaire.