Airbnb: Deux millions d'euros d'amende infligés à des Parisiens pour location illicite

LOGEMENT Les propriétaires de 156 logements qui ne respectaient pas les règles ont été sanctionnés l'an dernier...

20 Minutes avec AFP

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Pour l’adjoint au logement Ian Brossat, « on a affaire à des investisseurs qui ont détourné leurs logements de leur vocation initiale pour en faire des hôtels clandestins »
Pour l’adjoint au logement Ian Brossat, « on a affaire à des investisseurs qui ont détourné leurs logements de leur vocation initiale pour en faire des hôtels clandestins » — PATRICK KOVARIK / AFP

Des sanctions en forte hausse par rapport à l’année précédente. Plus de 2 millions d’euros d’amende ont été infligés en 2018 à des Parisiens qui louaient leurs appartements sur Airbnb sans respecter les règles en vigueur, a annoncé mercredi l’adjoint au logement (PCF) de la mairie de Paris, Ian Brossat.

« En 2018, 2,1 millions d’euros d’amendes ont été infligés à des propriétaires de 156 logements parisiens, qui ne respectaient pas les dispositions en vigueur » (comme la règle de location de 120 jours maximum par an et par logement, et l’obligation d’avoir un numéro d’enregistrement) pour les locations de meublées via Airbnb, a précisé l’élu parisien, confirmant des informations du Parisien. « En 2017, ces amendes s’élevaient à 1,3 million d’euros », a-t-il précisé.

Des logements « détournés pour en faire des hôtels clandestins »

Pour Ian Brossat, « on a affaire à des investisseurs qui ont détourné leurs logements de leur vocation initiale pour en faire des hôtels clandestins ». En guerre ouverte contre la plateforme de location Airbnb, l’élu communiste veut profiter des dispositions de la loi Elan adoptée fin 2018 pour « faire condamner Airbnb quand la plateforme publie ces annonces » illégales. « Il faut aller vers une co-responsabilité entre propriétaires et plateformes », poursuit-il auprès de l’AFP.

« Les chiffres annoncés représentent moins de 0,2 % des hôtes qui partagent leur logement sur Airbnb à Paris », souligne de son côté Airbnb, qui assure avoir « mis en place les mesures nécessaires pour faire en sorte que les hôtes respectent les règles, et partagent leur logement de manière responsable ».

Etudier « la possibilité d’interdire Airbnb dans certains quartiers »

Toutefois, l’entreprise « ne désespère pas que la Ville de Paris cesse de servir les objectifs des grands lobbies hôteliers et travaille avec nous à soutenir le développement d’un nouveau secteur économique riche d’opportunités pour les Parisiens comme pour l’économie locale ».

Pour Ian Brossat, chef de file du Parti communiste français aux élections européennes, « la législation doit encore bouger ». A terme, « la possibilité d’interdire purement et simplement Airbnb dans certains quartiers ou arrondissement » doit être étudiée, estime l’élu, persuadé que cette question sera « centrale » lors des prochaines municipales en 2020. Selon des chiffres datés de 2018, Airbnb propose 500.000 logements en France, mis en location par 400.000 « hôtes », dont 65.000 à Paris.