Voguéo surfe sur la curiosité des Parisiens

Sophie Caillat - ©2008 20 minutes

— 

Prise d'assaut juste après son inauguration samedi, Voguéo a fait voguer quelques curieux ce week-end et attend ses premiers utilisateurs quotidiens ce matin. Mathias, matelot, est à la manoeuvre et à l'accueil. Il encaisse les 3 euros du trajet ou vérifie que le client bipe son Pass Navigo. Pas encore rodé aux tarifs, il ne réclame rien aux abonnés deux zones, qui - incongruité tarifaire - doivent eux aussi s'acquitter de la somme forfaitaire de 3 euros sur la dernière des stations, entre Ivry et Maisons-Alfort. Et il ignore que c'est à partir de 4 ans qu'un enfant doit prendre un ticket.

Pas vraiment ponctuel lorsqu'il quitte sa station, Voguéo parvient quand même à boucler ses trois stations en 33 minutes dans le sens du courant (en allant vers Paris) et 38 dans le sens contraire. Ce petit catamaran tangue souvent lorsqu'il croise les vagues d'autres bateaux, et le bruit de son moteur peut gêner si l'on est sur le pont arrière. Mais globalement, les voyageurs sont aux anges. « C'est tellement moins cher que le Batobus », entend-on répéter. Ou encore : « C'est comme une croisière en bateau-mouche, mais en mieux, sans le son ».

Joanne, qui travaille au pont de l'Alma et vit à Bercy, rêve du jour où « ce sera un vrai moyen de transport comme le Vaporetto à Venise ». Et craint que « faute d'utilisateurs sur cette portion-test, la navette n'aille jamais jusqu'à l'ouest de Paris ». D'autres ont la chance de pouvoir l'emprunter tous les jours. « Je mettrais dix minutes de plus qu'en métro pour relier Maisons-Alfort (Val-de-Marne) à la BNF (13e), mais c'est tellement plus agréable, on a l'impression d'être en vacances toute l'année », confie François.