Paris: On a testé (heureusement sans les enfants) un escape game BDSM

EROTISME Depuis un peu moins d’un an, l’enseigne Destination danger, spécialisée dans le jeu d’évasion grandeur nature, a ouvert une nouvelle salle exclusivement réservée aux adultes (consentants) au cœur du 11e arrondissement…

Mireille Fournaise

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Dans la salle d'un Escape game BDSM.
Dans la salle d'un Escape game BDSM. — M.F/ 20 Minutes
  • A Paris, une enseigne d’Escape game lance le premier jeu avec pour thème le sexe, le bondage et le sado masochisme soft.
  • D’habitude, dans un escape game, le but est de sortir à tout prix d’une pièce en résolvant une succession d’énigmes avant la fin du temps imparti. « Là, on a fait en sorte que vous n’ayez pas envie d’en partir », explique son créateur.
  • Evitez de proposer l’activité comme sortie du samedi après-midi à ses beaux-parents, d’autant que vous risquez fort de vous retrouver dans des positions assez suggestives.

Une petite fessée ? « Ça vous dit d’aller tester un escape game BDSM ? C’est pour le boulot… » Sans poser de question et avec une confiance aveugle, Alexandre et Camille, 28 et 29 ans, des amis en couple, acceptent la proposition. Heureusement. Partir avec un collègue faire un jeu dont le thème signifie textuellement : « Bondage et Discipline, Domination et Soumission, Sadisme et Masochisme », ne semble pas la meilleure idée pour un team building.

Rendez-vous au 66, boulevard Voltaire dans le 11e arrondissement de Paris, devant l’enseigne Destination Danger, spécialiste des escape games. Nous sommes accueillis par Fred, le directeur, qui nous amène vers sa toute dernière salle : « 69 nuances de Grey ». D’habitude, dans un escape game, le but est de sortir à tout prix d’une pièce en résolvant une succession d’énigmes avant la fin du temps imparti. « Là, on a fait en sorte que vous n’ayez pas envie d’en partir », nous lance Fred, clin d’œil appuyé et sourire en coin, avant de tous nous bander les yeux.

Si ma mère me voyait…

Un moment idéal pour se rappeler la courte description du site internet : « Tenté par la torture douce ? Cette séance d’initiation ne vous arrivera qu’une fois […] et ne pensez surtout pas avoir à faire des sudokus. » Mais dans quoi on s’est encore embarqué… Pas le temps de penser à ce que dirait ma mère si elle me voyait, que Fred nous installe dans la salle. « Mets tes mains là. » Tiens ? C’est bizarre un punching-ball dans une salle BDSM. « Quand la musique démarre vous pouvez retirer les bandeaux ! A dans une heure ! » Musique, lumière : le punching-ball, ce sont les fesses d’Alex, à quatre pattes, hilare, comme Camille. Merci Fred.

Après s’être remis de cet épisode à jamais gravé dans nos rétines, nous découvrons la salle. Ce n’est pas la « chambre rouge » de Christian Grey, mais il faut dire que Fred et sa compagne qui réalisent toutes leurs salles eux-mêmes se sont donnés. Alexandre qui a déjà testé quatre escape game est agréablement surpris : « Même si j’ai déjà vu des décors plus riches en détail, le thème est vraiment bien rendu. » Menottes, fouets et autres accessoires érotiques que certains rougiraient d’acheter dans une boutique de Pigalle sont à disposition.

Sexe en silicone à la main

Clairement, si vous êtes juste venus pour vous marrer entre potes*, il est tout à fait possible de rester une heure dans cette salle à vous poursuivre avec un fouet. Pour les plus joueurs, il suffira d’ouvrir l’œil pour comprendre que la salle ne révèle pas d’emblée tous ses secrets… Embarqué dans le jeu, on oublie assez rapidement ses tabous, son inhibition, ou que l’on est en train de réfléchir avec un sexe en silicone à la main. On évitera donc de proposer l’activité comme sortie du samedi après-midi à ses beaux-parents, d’autant que vous risquez fort de vous retrouver dans des positions assez suggestives.

Aperçu de la salle d'un Escape game BDSM.
Aperçu de la salle d'un Escape game BDSM. - M.F/ 20 Minutes

Au bout d’une heure, que nous n’avons pas vu passer (malgré les bruits d’orgasmes qui retentissent toutes les 10 minutes dans les enceintes pour donner une notion du temps), nous n’avons pas découvert toutes les facettes de « 69 nuance de Grey ». Pourtant aucune frustration. « Le scénario n’est pas incroyable, donc ce n’est pas très grave et surtout, ce n’est pas le plus important, analyse Alexandre. L’originalité, c’est vraiment que l’on sort des énigmes classiques des escape game du genre : une clef ouvre un cadenas qui ouvre un coffre dans lequel il y a une seconde énigme pour trouver une clef qui ouvre un cadenas et ainsi de suite. Là, ce sont nos actions qui ont des conséquences, amènent des surprises ».

Aperçu de la salle d'un Escape game BDSM.
Aperçu de la salle d'un Escape game BDSM. - M.F/ 20 Minutes

« C’est du BDSM vanilla »

« On essaie de trouver un concept original et unique pour chaque salle, aucun jeu ne se joue de la même façon, explique Fred dont un des jeux se passe dans un cercueil, seul. Les énigmes ne sont pas compliquées, ce ne sont pas des calculs interminables, ça reste accessible à tous. La difficulté réside dans le temps imparti pour résoudre les enquêtes. »

Quant au côté érotique, que ceux qui craignent de se retrouver dans une salle de hard porn se rassurent. « C’est du BDSM vanilla, commente Camille, qui a lu la saga Cinquante nuances de Grey. Du soft, du BDSM romantique que tu fais avec ton mec pour t’amuser, ce n’est pas un truc de donjon non plus. » On reste dans une enseigne escape game, mais avec une salle option fessée.

*On vous conseille l’option « entre potes » car les prix sont dégressifs. Comptez 50 euros par personne si vous êtes deux et 26 euros si vous êtes sept.

20 secondes de contexte

Pour tester dans les conditions idéales cet escape game, la journaliste a demandé à deux amis –de 28 et 29 ans, en couple– de l'accompagner sur ce reportage. Car un escape game se fait souvent entre amis.