L'ex-entraîneur de l'équipe de France de roller artistique condamné pour viols

JUSTICE L'ancien directeur des équipes de France de roller artistique a été condamné samedi à 13 ans de prison pour viol sur les jeunes championnes qu'il entraînait...

20 Minutes avec AFP

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Patins à roulettes (illustration)
Patins à roulettes (illustration) — CHRIS SHIPLEY/AP/SIPA

De nombreuses victimes. Samedi 15 décembre, la cour d’assises du Val-d’Oise a condamné d’ancien entraîneur de l’équipe de France de roller artistique à 13 ans de prison. Arnaud Mercier, 42 ans, a profité de son emprise sur les jeunes championnes qu’il entraînait pour les violer. La cour lui a également interdit définitivement d’exercer une activité impliquant des contacts avec les mineurs et prononcé une obligation de soins.

L’affaire débute en 2011 lorsqu’une patineuse de 14 ans confie à une psychologue du pôle espoir d’athlétisme d’Ile-de-France avoir été abusée par son entraîneur depuis l’âge de 8 ans. Elle décrit un mode opératoire bien précis : des massages qui donnent d’abord lieu à des « bisous ». Puis le coach qui vient dans sa chambre d’hôtel lors des nombreux déplacements en vue de compétitions. Le sélectionneur est alors suspendu de ses fonctions, d’abord pour six mois puis définitivement.

Des pompes quand elle refuse des pratiques sexuelles

En 2015, une deuxième championne, qui avait d’abord défendu son mentor après la plainte déposée par sa consœur en 2011, le dénonce à son tour. Celle qui était présentée comme sa « favorite », dépose plainte à son tour contre celui qui était à la fois son entraîneur et sa famille d’accueil. Elle raconte aux enquêteurs l’emprise, les viols quotidiens à partir de ses 13 ans, les pompes supplémentaires infligées à l’entraînement quand elle refuse de se plier à certaines pratiques sexuelles. Les rendez-vous imposés avec d’autres hommes, aussi.

Au cours du procès, deux autres championnes ont contacté la cour pour témoigner. Mercredi, l’une d’elles a évoqué à la barre des viols subis pendant deux ans, entre 16 et 18 ans. Lors de l’enquête, plusieurs autres patineuses avaient affirmé avoir elles aussi subi des attouchements, voire des viols, de la part de l’entraîneur, sans toutefois porter plainte. Poursuivi pour agressions sexuelles, viols, corruption de mineur, Arnaud Mercier a fini par reconnaître lors de son procès « avoir été un agresseur ».

« Le monde du patin » accusé d’avoir couvert l’agresseur

L’avocate d’une des plaignantes, Isabelle Steyer, a salué auprès de l’AFP une décision « d’apaisement » qui « permet de marquer les interdits entre les relations sexuelles majeurs-mineurs ». Avant le procès, elle avait pointé du doigt « le monde du patin », coupable selon elle d’avoir « couvert cet agresseur qui avait le pouvoir de hisser des très jeunes filles sur les podiums et l’utilisait à des fins dévoyées ».