VIDEO. Contrôle au faciès à gare du Nord: Pas de condamnation de l'Etat, les trois lycéens vont faire appel

SOCIETE Trois lycéens d’Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) avaient assigné l’Etat en justice pour « discrimination raciale » après un contrôle de police lors d’une sortie scolaire…

R.L.

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Un contrôle d'identité à la gare du Nord. (Illustration)
Un contrôle d'identité à la gare du Nord. (Illustration) — HADJ/SIPA

Le délibéré est tombé ce lundi dans l'affaire des lycéens contrôlés par la police pendant une sortie scolaire à gare du Nord, il y a plus d’un an. Les jeunes ciblés par ce qu’ils dénonçaient être un « contrôle au faciès » ont été déboutés mais ils comptent faire appel.

« Je ne suis pas du tout découragé »

« Cette décision m’a refroidi mais je ne suis pas du tout découragé », explique Mamadou Camara, l’un des anciens lycéens, lors d’une conférence de presse tenue ce lundi. « Je mène ce combat avec eux, je vais les accompagner. C’est une grande déception. Nous allons faire appel », assure de son côté, Élise Boscherel Deniz, leur ancienne professeure de lettres-histoire.

Mamadou, Ilyas et Zakaria, ces trois anciens élèves du lycée Louise-Michel d’Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) avaient fait l’objet d’un contrôle d’identité lors d’une sortie scolaire en mars 2017, au retour d’un voyage de classe à Bruxelles. Ils avaient alors décidé d’attaquer le ministère de l'Intérieur et l'Etat, espérant les faire condamner pour « discrimination ». « Ça a été la goutte d’eau. J’ai réalisé qu’on ne pouvait pas me contrôler, sans raison, juste parce que je m’appelle Mamadou et que je suis black », expliquait-il en avril 2017.

Le tribunal de grande instance de Paris a estimé que le contrôle avait été «effectué dans un objectif légitime de maintien de l'ordre, sans discrimination fondée sur l'origine», selon la décision consultée par l'AFP. « Il n’y a pas de contrôles discriminatoires pour les juges », indique Me Slim Ben Achour, l’avocat des trois jeunes, dénonçant une « décision scandaleuse ».