Saint-Denis: Pourquoi a-t-il fallu 30 ans de discussion pour lancer les travaux de la flèche de la basilique?

ARCHITECTURE La basilique Saint-Denis va connaître un chantier d’envergure avec le « remontage » de sa flèche. Démontée en 1847, le projet débutera en 2020 pour 11 ans de travaux tout en accueillant les visiteurs…

Mathieu Marin

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La basilique qui abrite la nécropole des rois de France attire chaque année près de 130.000 visiteurs.
La basilique qui abrite la nécropole des rois de France attire chaque année près de 130.000 visiteurs. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • Le remontage de la flèche de la basilique Saint-Denis est en projet depuis 30 ans.
  • Démontée en 1847, le chantier de remontage va commencer en 2019 avant une ouverture au public à l’été 2020 qui pourra aller au plus près des ouvriers.
  • Les travaux estimés à 28 millions d’euros seront financés par les visites et le mécénat.

« Le plus grand projet patrimonial de ce début de siècle. » Les propos du maire de Saint-Denis Laurent Russier illustrent bien l’envergure de l’événement que s’apprête à vivre la ville dans les prochaines années. Le remontage de la flèche de la basilique de Saint-Denis ( Seine-Saint-Denis) va s’effectuer sous la forme d’un chantier-école. Avant d’être démontée en 1847, la flèche était positionnée à 86 mètres au-dessus du sol depuis 1219 mais un violent ouragan fragilisera l’édifice. La ville avait lancé l’idée de la reconstruction il y a trente ans avant d’être validée en mars 2017 par François Hollande. Une victoire pour les élus de la ville après de nombreux refus notamment de la Commission des monuments historiques qui avait voté contre en 2016, de peur que la tour menace l’ensemble de l’édifice. Très vite, un comité de parrainage mené par l’académicien Erik Orsenna est lancé.

L’association «Suivez la flèche» qui pilote le projet a annoncé mercredi 12 décembre le début des travaux pour 2019 avant une ouverture au public prévu à l’été 2020. « Nous partons sur une année de consolidation du « massif occidental » qui soutiendra la flèche avant d’accueillir les premiers visiteurs », explique Jacques Moulin, l’architecte en chef des monuments nationaux et responsable du chantier.

Une hausse de la fréquentation

La basilique qui abrite la nécropole des rois de France est fréquentée chaque année près de 130.000 visiteurs. « L’objectif est de doubler la fréquentation en attirant les touristes, les scolaires ou encore des centres de loisirs », détaille le président de la Plaine Commune-Grand Paris et de l’association « Suivez la flèche » Patrick Braouezec. Car ce village-chantier doit permettre d’aller au plus près des artisans, menuisiers, charpentiers, verriers ou encore forgerons.

Le plan du futur chantier-village avec un échaffaudage qui permettra au public de voir l'avancée de la flèche.
Le plan du futur chantier-village avec un échaffaudage qui permettra au public de voir l'avancée de la flèche. - F.Keiff

Un échafaudage permettra d’aller au-dessus de la basilique avec une vue sur Saint-Denis et ses environs. Des ateliers pédagogiques prendront place avec différentes expériences comme la découverte de machines, de mécanismes ou encore d’engins de levage.

La reconstitution en 3D du futur visage de la basilique Saint-Denis.

« L’idée n’est pas d’aller le plus vite possible dans ce chantier mais bien de prendre son temps, nous partons sur onze ans. » Ce chantier estimé à 28 millions d’euros, sera entièrement financé par les visites du public et le mécénat. Un modèle déjà testé sur la frégate L’Hermione ou le château Fort de Guedelon. Pour l’occasion, une trentaine d’emplois seront également créés.

« Cette maquette qui a bien eu le temps d’évoluer va enfin prendre réalité et ainsi redonner un avenir à cette basilique », explique avec enthousiasme Patrick Braouezec. Encore un an de patience avant d’approcher au plus près des travaux.