Blocage des lycées à Mantes-la-Jolie: Le Défenseur des droits ouvre une enquête

MINEURS A Mantes-la-Jolie, 151 jeunes ont été filmés mains entravées et à genoux par les policiers, lors des manifestations...

20 Minutes avec AFP

— 

Des étudiants arrêtés à proximité du lycée Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie, le 6 décembre 2018.
Des étudiants arrêtés à proximité du lycée Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie, le 6 décembre 2018. — AFP

Le Défenseur des droits a annoncé ce vendredi l’ouverture d’une enquête au lendemain de l’interpellation controversée de 151 jeunes près d’un lycée de Mantes-la-Jolie dans les Yvelines.

Cette enquête portera « sur les conditions dans lesquelles se sont déroulées des interpellations de lycéens à Mantes-la-Jolie », indique dans un communiqué cette autorité indépendante. Elle rappelle être chargée de « veiller au respect de la déontologie » des forces de l’ordre et de défendre « l’intérêt supérieur de l’enfant ».

Des bouteilles de gaz sur des barricades

Le ministre de l’Intérieur a défendu ce vendredi ces interpellations controversées. Les images montrant des dizaines de jeunes, mains entravées ou sur la tête, « sont dures […] mais je crois qu’il faut les replacer dans un contexte », a déclaré vendredi Christophe Castaner. Le ministre a assuré notamment que des dizaines de bouteilles de gaz avaient été jetées « robinet ouvert sur des barricades enflammées » juste avant ces interpellations. « Je sais la violence de ces images mais je sais aussi […] la violence » qui s’est exprimée au cours des récents jours à Mantes-la-Jolie, a déclaré le ministre de l’Intérieur.

Le ministre a précisé que 145 de ces gardes à vue avaient été prolongées, illustrant la « gravité de ce qu’il s’est passé » tout en se félicitant qu’aucun jeune n’ait été blessé lors de cette interpellation de masse qui a créé la polémique. À une première vidéo réalisée par une journaliste de l’AFP, s’est ajoutée une seconde diffusée sur les réseaux sociaux, filmée au plus près des forces de l’ordre où l’on voit des dizaines de jeunes, les genoux au sol, tandis qu’on entend une voix dire ironiquement : « Voilà une classe qui se tient sage ». La gauche a dénoncé une « humiliation ».