Bientôt aucun perturbateur endocrinien en Ile-de-France?

SOCIETE La région Ile-de-France annonce vouloir favoriser une limitation, voire une réduction significative, des perturbateurs endocriniens sur son territoire et dans son espace public…

Romain Lescurieux

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Une étude montre que les enfants sont aussi touchés par les perturbateurs endocriniens.
Une étude montre que les enfants sont aussi touchés par les perturbateurs endocriniens. — SEBASTIEN BOZON / AFP
  • La région Ile-de-France va désormais demander à 1.300 collectivités de respecter « cinq engagements de principe, en faveur de l’environnement et de la santé des Franciliens ».
  • Pour certains élus, ce plan ne va pas assez loin.

Une région sans perturbateurs endocriniens est-elle possible ? C’est en tout cas ce que vient de voter l'Ile-de-France en séance du conseil régional. Via la charte « Villes & Territoires », la région va désormais demander aux 1.300 collectivités bénéficiaires d’aides régionales liées aux équipements scolaires, sportifs ou à la petite enfance de respecter « cinq engagements de principe, en faveur de l’environnement et de la santé des Franciliens ».

« C’est un sujet très important et un problème de santé publique majeur. Il y en a partout et nous en ingérons en permanence », explique Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président de la région chargé de l’écologie et du développement durable.

« Un rôle de sensibilisation, d’explication »

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les perturbateurs endocriniens sont « des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants ». « Nous voulons prendre notre part de responsabilité tout en ayant un rôle de sensibilisation, d’explication », ajoute l’élu.

Ainsi, la région veut « restreindre et éliminer à terme l’usage des produits phytosanitaires et biocides qui contiennent des perturbateurs endocriniens et accompagner les habitants dans cette démarche ». Soit notamment réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens dans l’alimentation et développer la consommation d’aliments biologiques ou éliminer progressivement les perturbateurs endocriniens des contrats et achats publics par le biais de critères d’éco-conditionnalité.

« Nous sommes au début du processus. L’Observatoire régional de santé d’Ile-de-France fera un état des lieux dans un an afin de progresser sur la question », estime Jean-Philippe Dugoin-Clément. Mais pour certains élus, le plan ne va pas assez loin.

« La région a encore beaucoup à faire »

« La région a encore beaucoup à faire pour sortir de l’incinération, des piscines avec chlore, du gazon synthétique, du glyphosate et des voitures. Adopter la charte Territoires sans perturbateurs endocriniens, c’est bien mais c’est insuffisant », estime Annie Lahmer, élue du Val-de-Marne et conseillère régionale d’Ile-de-France, au sein du Groupe Alternative écologiste et sociale. De quoi faire réagir Jean-Philippe Dugoin-Clément.

« On peut bien dire que c’est insuffisant, toujours est-il que nous sommes la première région à s’engager formellement en ce sens et nous avançons », dit-il. Et d’ajouter : « Ceux qui disent ça, ont géré la région pendant des années et ils n’ont rien fait ».