Comment Paris veut lutter contre les violences LGBTphobes

SOCIETE La maire de Paris, accompagnée de ses adjoints, ont présenté ce mercredi matin un plan d’actions pour lutter contre les actes LGBTphobes…

Romain Lescurieux

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Le drapeau LGBT
Le drapeau LGBT — STR/NEWSCOM/SIPA
  • Anne Hidalgo a présenté ce mercredi matin un plan d’actions pour lutter contre les actes LGBTphobes.
  • Pour l’association SOS Homophobie, ce plan d’actions va « dans le bon sens » mais elle attend les réalisations. « Car ce n’est pas la première qu’il y a des annonces. »
  • Une décision symbolique a été annoncée, Anne Hidalgo souhaite que chaque année la Marche des fiertés passe par les Champs-Elysées.

« C’est un plan vivant, qui va évoluer, s’enrichir et qui va faire l’objet d’un travail régulier », expliqueAnne Hidalgo. Après une réunion avec des associations, la maire de Paris, accompagnée de ses adjoints, a présenté ce mercredi matin un plan d’actions pour lutter contre les actes LGBTphobes, après plusieurs agressions survenues ces derniers mois dans les rues de la capitale.

Ce travail collectif avait été engagé mi-octobre, avec le milieu associatif, ainsi que la préfecture de police, les services du procureur de la République de Paris et la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH). Quelles sont les annonces phares ?

Sept « piliers »

Ce plan d’action municipal s’articule autour de sept « piliers », dont la mise en place d'« instances de dialogue », de « lutte contre les agressions », d'« actions d’inclusion en milieu scolaire » ou encore d'« actions en faveur des publics trans ». L’une des mesures phares est la création d’un Observatoire parisien LGBTQI+. Il réunira tous les trois mois les acteurs – parquet, préfecture de police, défenseur des droits – et les associations pour suivre « la vie des personnes LGBTQI + » dans la capitale et « orienter les actions ».

La mairie de Paris plaide par ailleurs pour que « les associations LGBTQI + soient mieux associées » aux « sanctions éducatives et peines prononcées » par la justice. Anne Hidalgo demande également à l’exécutif que « la lutte contre le sexisme et les LGBTphobie [soit] la grande cause nationale de l’année 2019 ». Par ailleurs, elle adressera un courrier au ministre de l’Intérieur « pour que les policiers et gendarmes disposent d’outils nouveaux » et ainsi « améliorer l’accueil des victimes ».

Enfin, décision davantage symbolique, elle souhaite que la Marche des fiertés passe chaque année par les Champs-Elysées. Pour l’association SOS Homophobie, ce plan d’actions va « dans le bon sens ».

« Ce qui est important derrière, c’est le suivi et la réalisation »

« Tout ce qui est mis en place pour lutter contre les violences et discriminations envers les personnes LGBT est important. Les points déclinés par la mairie, notamment les formations pour le personnel de la mairie, la création de l’Observatoire, sont primordiales », note auprès de 20 Minutes, Sylvie Gras, déléguée Paris Ile-de-France de SOS Homophobie. « Car quand on met en place un plan d’actions, ce qui est important derrière, c’est le suivi et la réalisation. Car ce n’est pas la première qu’il y a des annonces », ajoute-t-elle.

La ville va consacrer dès la fin de l’année 100.000 euros d’aides supplémentaires pour mettre en œuvre ces nouvelles actions. Désormais, SOS Homophobie, attend la réalisation des mesures. « Nous allons être vigilants sur ce qui va être rapidement mis en place », commente Sylvie Gras. Et d’ajouter : « Le plus important est d’agir à plusieurs niveaux et dans la durée pour lutter contre ces violences ».