Paris: Enseignants et élèves du lycée Voltaire se mobilisent pour une «cantine décente»

RESTAURATION SCOLAIRE Un collectif de parents d’élèves, d’élèves et d’enseignants organise un pique-nique devant le lycée Voltaire (11e arrondissement), ce mercredi…

Romain Lescurieux

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Illustration d'une cantine vide.
Illustration d'une cantine vide. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Contacté par 20 Minutes, l’établissement assure que les « élèves peuvent manger » dans des bâtiments préfabriqués.
  • Un Collectif pour une cantine de qualité pointe toutefois des problèmes sociaux et environnementaux. « Les élèves consomment des repas de mauvaise qualité et de quantité insuffisante dans des locaux mal adaptés et inconfortables. »

« Il y a un ras-le-bol. C’est la deuxième rentrée scolaire sans cantine », s’exclame Raphaëlle Marx, enseignante au lycée Voltaire (11e) et membre du Collectif pour une cantine de qualité (COCQ). Avec des parents d’élèves, des élèves et d’autres enseignants de l’établissement, elle a fondé ce collectif pour exiger une cantine digne de ce nom. « N’en ayant pas de décente depuis plus d’un an, nous organisons un banquet devant le lycée le mercredi 21 novembre à 12h30 pour protester contre cet état de fait », note-t-elle.

Situation « intenable » et « alarmante »

Leur cantine est fermée depuis 2017 pour cause de travaux qui devaient s’achever au cours de l’année scolaire 2017-2018. « Ils ont été interrompus en janvier 2018 suite à un non-respect du cahier des charges par l’entreprise pour malfaçon, et ne devraient reprendre qu’en janvier 2019 pour une durée d’au moins 9 mois », détaille Raphaëlle Marx. Contacté par 20 Minutes, le lycée​ confirme ces travaux mais assure que les « élèves peuvent manger ». Une cantine de remplacement pour les élèves a en effet été mise en place dans des bâtiments préfabriqués. Mais la situation est « intenable » et « alarmante », selon le collectif, qui pointe des problèmes sociaux et environnementaux.

« Les élèves consomment des repas de mauvaise qualité et de quantité insuffisante dans des locaux mal adaptés et inconfortables. Beaucoup de lycéens préfèrent manger dehors, ce qui n’est pas satisfaisant en termes de santé et représente un coût pour les familles. Les cinq agents travaillent dans des conditions difficiles et fortement dégradées. L’ensemble du personnel n’a plus accès à la cantine, et doit se procurer ses repas à l’extérieur, à un coût bien plus élevé », poursuit Raphaëlle Marx. Elle rappelle également que les repas des élèves sont servis dans de la vaisselle en plastique sur des plateaux jetables. La quantité de déchets plastiques est par conséquent « énorme et le gaspillage alimentaire est un réel problème ».

Pancartes et prises de parole

Le collectif souhaite interpeller les pouvoirs publics. Notamment sur le calendrier de reprise des travaux et le suivi des délais, l’amélioration de la situation actuelle, en termes de nombre et de qualité des repas, de quantité de déchets plastiques, la question du surcoût pour les personnels. « Nous allons pique-niquer sur une nappe blanche », assure Raphaëlle Marx. Et d’ajouter : « Nous aurons des pancartes et nous enchaînerons les prises de parole ».

Contacté par 20 Minutes, le rectorat de Paris n’a pu être joint.