VIDEO. Tigresse abattue à Paris: Où en est-on un an après?

SOCIETE L’association Paris Animaux Zoopolis organise ce lundi un happening sur le parvis du Trocadéro en hommage à la tigresse Mevy abattue en plein Paris, l’an dernier…  

Romain Lescurieux

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Un tigre de Sibérie a attaquée une soigneuse dans un zoo russe (illustration)
Un tigre de Sibérie a attaquée une soigneuse dans un zoo russe (illustration) — Pixabay
  • Fin novembre 2017, la tigresse Mevy s’était échappée de son cirque et son propriétaire avait été contraint de l’abattre. En sa mémoire, Paris Animaux Zoopolis prépare un happening lundi matin.
  • « Cette action nationale a pour objectif d’exiger du président de la République une loi interdisant la présence des animaux dans les cirques », rappelle la présidente de l’association.
  • Le rapport « Animaux en ville » a été présenté au dernier conseil de Paris. Au total, plus de 200 participants ont ainsi pris part aux travaux de la mission et 61 préconisations ont été retenues.

Une scène de crime avec une silhouette dessinée au sol avec du faux sang… Ce lundi midi, l'association Paris Animaux Zoopolis organise un happening très visuel sur le parvis du Trocadéro en hommage à la tigresse Mevy abattue en plein Paris, l’an dernier. « Des ballons en forme de lettres M, E, V et Y ainsi que des pancartes seront brandis pour ne pas l’oublier », indique le collectif. Des élus seront présents, notamment les députés Vincent Ledoux et Dimitri Houbron, le maire du 2e Jacques Boutault (EELV) et la conseillère de Paris Danielle Simonnet (LFI).

« Cette action nationale a pour objectif d’exiger du président de la République une loi interdisant la présence des animaux dans les cirques », rappelle, Amandine Sivens, cofondatrice de l’association Paris Animaux Zoopolis.

« Le gouvernement reste passif »

L’an dernier, Mevy, une tigresse de 18 mois, s’était échappée du cirque Bormann-Moreno et avait été abattue par son propriétaire en pleine rue, dans le 15e arrondissement de Paris. « Un geste terriblement douloureux mais nécessaire », selon le communiqué du cirque publié sur Facebook. Le tragique événement avait relancé le débat sur la présence d’animaux sauvages dans les cirques.

En avril, les militants de l’association Paris Animaux Zoopolis avaient manifesté devant le ministère de la Transition écologique et solidaire pour interdire les animaux sauvages dans les cirques. Malgré l’absence d’avancées sur le sujet, l’association continue la lutte.

« Alors que les entreprises de cirques traditionnels font face à des difficultés économiques sans précédent et que la population souhaite une interdiction d’exploiter les animaux, le gouvernement reste passif. Enfermer des animaux et les considérer comme des jouets abîment l’image de la France à l’étranger », rappellent-ils. Des pays et villes françaises ont déjà interdit la présence des animaux dans les cirques. Mais pas la ville de Paris. Une concertation a toutefois été lancée.

« 61 préconisations qui seront mises en œuvre »

Depuis février 2017, la mission « Animaux en ville », présidée par Pénélope Komitès, adjointe à la Maire de Paris, a travaillé afin de faire de Paris une ville accordant toute leur place aux animaux. Cette mission a permis de recueillir les propositions des élu.e.s du Conseil de Paris, des Parisien.ne.s, des acteurs du territoire, des associations, et de l’Etat qui porte de nombreuses compétences en la matière. Au total, plus de 200 participants ont ainsi pris part aux travaux de la mission, au cours de 16 réunions de travail et 3 visites de terrain. « Cette mission animaux en ville, c’est 61 préconisations qui seront mises en œuvre pour renforcer la place des animaux à Paris et favoriser leur bien-être », se félicite Pénélope Komitès. Le rapport a été présenté au dernier conseil de Paris.

Mais il ne satisfait pas Paris Animaux Zoopolis, tant la question des animaux dans les cirques n’est pas abordée, selon eux. « Nous sommes déçus et en colère », s’exclame Amandine Sivens. « La situation est urgente, la transition a commencé. Nous souhaitons donc un réel encadrement via une loi. Il ne doit plus y avoir de reproductions, ni de nouvelles acquisitions d’animaux dans les cirques », commente-t-elle. Et d’ajouter « Nous ne voulons plus d’animaux dans les cirques dans six ans. »