Seine-Saint-Denis: Un nouveau dispositif pour repérer les jeunes femmes victimes de violences

SOCIETE A Bagnolet, un lieu d’accueil des jeunes femmes de 15 à 25 ans doit ouvrir en mars 2019. L’un de ses objectifs, repérer les victimes de violences…

Floréal Hernandez

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Un lieu d'accueil des jeunes femmes de 15 à 25 ans va ouvrir à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) en mars 2019. L'un de ses objectifs: repérer les victimes de violences. (illustration)
Un lieu d'accueil des jeunes femmes de 15 à 25 ans va ouvrir à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) en mars 2019. L'un de ses objectifs: repérer les victimes de violences. (illustration) — FREE-PHOTOS / PIXABAY
  • Après le téléphone « grave danger » ou l’ordonnance de protection, la Seine-Saint-Denis expérimente un nouveau dispositif pour aider les femmes victimes de violences.
  • Un lieu d’accueil innovant va ouvrir à proximité de la station de métro Porte de Bagnolet. Il accueillera des jeunes femmes de 15 à 25 ans et a pour but de repérer les victimes de violences.

Un lieu unique en France va ouvrir à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), a priori en mars 2019. « Le 8 mars, ce serait super », avoue Marie Cervetti, directrice de l’association FIT Une femme un toit . Quoi de plus symbolique que la Journée internationale des droits des femmes pour inaugurer ce lieu d’accueil pour les femmes de 15-25 ans dont l’un des buts est de repérer les victimes de violences sexistes, sexuelles ou conjugales.

La création de ce lieu va être dévoilée ce jeudi lors des rencontres de l'Observatoire des violences envers les femmes du conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Ce centre d’accueil situé à 5 minutes de la station Porte de Bagnolet fonctionnera quatre demi-journées par semaine. « Ce sera un lieu d’animations pour les jeunes femmes, d’activités, de projets collectifs, explique Marie Cervetti dont l’association gérera la structure. Il y aura des éducatrices qui pourront repérer les jeunes filles ou jeunes femmes victimes de violences. » Celles-ci peuvent être conjugales mais également sexistes (mariage forcé, excision, gifle parentale pour ne pas avoir fait les tâches ménagères, etc.) ou sexuelles (viol, prostitution, etc.).

50.000 mariages forcés en France

La directrice du FIT avance : « On pourra apporter des réponses à des jeunes femmes qui ne savent pas où aller pour dire les choses. » Et les observations faites sur ces jeunes femmes de 15 à 25 ans permettront de « comprendre les besoins de cette jeune population ». Elle rappelle qu’on estime à 50.000 le nombre de mariages forcés en France et que « parmi les femmes qui subissent des violences conjugales, on observe quatre fois plus de victimes quand elles ont été témoins ou victimes de violences conjugales dans leur enfance ».

Au centre, on trouvera « une coordinatrice, une secrétaire, une travailleuse sociale, une psychologue et une infirmière, énumère Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis qui subventionne le projet. Il y aura aussi une permanence du centre d'information sur les droits des femmes et du planning familial ». Après le téléphone d'urgence pour femmes battues ou l’ordonnance de protection, l’élu se félicite de ce nouveau projet innovant expérimenté en Seine-Saint-Denis.

Le dispositif « Un toit pour elle » étendu

Le département de la Seine-Saint-Denis va mettre à disposition des anciens logements de fonction du service des crèches vacants – « trois dès 2019 », selon Stéphane Troussel, président du CD 93 – pour le dispositif Un toit pour elle qui permet l’hébergement de femmes victimes de violences. Seine-Saint-Denis Habitat va également réserver 15 logements pour ce dispositif.