Paris: Les Verts militent en faveur de toilettes publiques mixtes, gratuites et ouvertes 24/24

SOCIETE Le groupe écologiste déposera un vœu au prochain Conseil de Paris qui s’ouvre mercredi pour trois jours…

Romain Lescurieux

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Des toilettes publiques (photo d'illustration).
Des toilettes publiques (photo d'illustration). — Pixabay
  • Actuellement, plus de 400 sanisettes sont installées dans Paris, dont près de 150 sont ouvertes 24h sur 24.
  • Il y a quelques années, les sanisettes « high-tech » ont en effet remplacé les lavatories historiques de la capitale et autres vespasiennes. Mais elles n’ont pas réglé les problèmes d’épanchements d’urine.
  • 5.381 personnes ont été verbalisées à Paris en 2017 pour avoir uriné dans la rue. Un chiffre en progression de 165 % par rapport à 2016, selon les chiffres de la brigade anti-incivilité de la mairie de Paris.

Des toilettes pour toutes et tous. Après la polémique de l’été autour des « uritrottoirs » installés cet été dans la capitale, le groupe écolo de Paris (GEP) veut rectifier le tir. « Ces uritrottoirs ne conviennent qu’aux personnes ayant la capacité d’uriner debout, excluant les femmes. Et la population parisienne est composée à plus de 50 % de femmes », note la formation politique.

Au prochain Conseil de Paris qui s’ouvre ce mercredi pour trois jours, les Verts vont déposer un vœu en faveur de toilettes publiques mixtes, gratuites, ouvertes 24/24 et « non anxiogènes ». Actuellement, plus de 400 sanisettes sont installées dans Paris, dont près de 150 sont ouvertes 24h sur 24, notamment sur les lieux à forte fréquentation. Pour les Verts cela n’est pas suffisant. Tant la question est sociale et sociétale.

« Un vrai déficit »

« Il y a un vrai déficit. Il faut réinvestir les toilettes publiques comme celles qui existaient avant par exemple au niveau du métro Bonne Nouvelle [transformées un temps en espace de fête]. Cela fonctionnait », explique David Belliard, président du groupe. Il y a quelques années, les sanisettes « high-tech » ont en effet remplacé les lavatories historiques de la capitale et autres vespasiennes. Mais elles n’ont pas réglé les problèmes d’épanchements d’urine. 5.381 personnes ont été verbalisées à Paris en 2017 pour ce motif. Un chiffre en progression de 165 % par rapport à 2016, selon les chiffres de la brigade anti-incivilité de la mairie de Paris.

Le groupe veut ainsi engager un plan local des toilettes publiques afin de mailler le territoire parisien de toilettes publiques et nouer des partenariats avec les restaurants et café pour « permettre à tout.e.s et les usager.e.s de l’espace public d’utiliser leurs toilettes gratuitement ». Notamment les personnes sans domicile fixe. « Il faut aussi que la ville soit attentive à la parité dans l’urbanisme », abonde Fatoumata Koné, élue du 19e arrondissement.

« Les utiliser sans discrimination »

Le groupe milite pour que les femmes comme les hommes puissent « les utiliser sans discrimination ». « Pourquoi les tables à langer sont-elles uniquement présentes dans les toilettes pour femmes ? Pourquoi trouve-t-on des distributeurs de préservatifs et encore trop peu de distributeurs de protections périodiques ? Pourquoi ne pense-t-on pas les toilettes destinées aux femmes pour être adaptées utilisatrices de coupes menstruelles ? », questionnent les Verts.

Selon eux, l’argent public investi dans les dispositifs « anti-pipi », qui « au lieu d’être utilisé pour des dispositifs dissuasifs pourrait être investi dans le développement de toilettes publiques ». En septembre, un clip humoristique intitulé « Pas pipi dans Paris », commandé par la Mairie de Paris pour sensibiliser les habitants à la propreté dans les rues de la capitale, avait notamment suscité un flot de moqueries et de commentaires négatifs sur les réseaux sociaux.