Ile-de-France: Les métros, RER et Transiliens sont-ils arrivés à l’heure en 2018 ?

TRANSPORTS Certaines lignes sont clairement en souffrance sur la ponctualité…

Nicolas Raffin

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Un Transilien sur la ligne R, le 21 juillet 2018.
Un Transilien sur la ligne R, le 21 juillet 2018. — PATRICK LEVEQUE/SIPA
  • Les dirigeants de la SNCF et de la RATP ont été auditionnés jeudi par la région Ile-de-France sur la qualité de service.
  • Le métro s’en sort plutôt très bien, et la ponctualité du RER A progresse.
  • En revanche, des lignes comme le RER D ou la N ont de gros problèmes.

La conférence de presse sur la ponctualité des transports franciliens organisée ce jeudi a commencé… très en retard. Une ironie qui n’a pas empêché Valérie Pécresse de vanter un bilan globalement satisfaisant pour 2018 (sur la période janvier-juillet).

Malgré la longue grève à la SNCF, « il y a eu des efforts importants et de vraies améliorations » a expliqué la présidente de la région Ile-de-France, à la sortie de sa réunion avec les dirigeants de la SNCF et de la RATP. Comment se présente cette « météo » des transports franciliens ? En (très) résumé : beau temps sur le métro et éclaircies sur les RER, malgré quelques zones très orageuses.

Des objectifs globalement remplis et des points noirs persistants pour le métro

L’année dernière, la RATP a globalement respecté sa part du contrat : 12 lignes sur 14 ont atteint l’objectif de régularité en heures de pointe fixé à 96,5 %, à l’exception des lignes 6 et 7. Sur les sept premiers mois de l’année 2018 (janvier-juillet), le bilan est plus contrasté. Si les lignes 6 et 7 sont en amélioration concernant l’offre aux heures de pointe, trois lignes subissent une dégradation : la 4, la 8, et la 13. Cette dernière demeure « fortement saturée » selon Ile-de-France Mobilités, qui attend beaucoup du prolongement de la ligne 14 vers le nord.

Au-delà de ce panorama global, Valérie Pécresse a demandé à la RATP de revoir sa gestion de crise. « Il n’est plus acceptable que les voyageurs restent bloqués plusieurs heures dans les tunnels », a déploré l’élue, faisant référence aux incidents survenus cet été sur les lignes 1 et 14 du métro. La régie est donc invitée à rendre les procédures d’évacuation des rames plus efficaces.

Le calvaire des usagers de la ligne D

En 2018, la situation reste tendue pour les usagers des RER. Aucune des cinq lignes ne réussit à atteindre l’objectif contractuel de 94 % de ponctualité voyageur*. Les voyageurs du RER E sont quand même les plus chanceux (91 % de ponctualité), même si la tendance est plutôt à la dégradation sur les dernières années.

La progression la plus spectaculaire est celle du RER A : en un an, la ponctualité de la ligne a gagné 3,7 points (89,1 %). Les habitués du tronçon Nanterre-Cergy (79,3 %) et Nanterre-Poissy (83,7 %) ont même vu leur ponctualité gagner 10 points. Leurs scores restent cependant très en deçà des objectifs fixés par la région…

Si la situation est « mitigée » sur les RER B et C, la situation s’est clairement dégradée sur le RER D : tous les tronçons (Nord et Sud) voient leur ponctualité reculer en 2018. « La refonte de la ligne D [prévue début décembre avec notamment de nouveaux horaires et une simplification de la ligne] est un enjeu majeur, concède Alain Krakovitch, directeur général de SNCF Transilien. Pour 2019, on s’engage à atteindre 90 % de régularité [83,9 % actuellement] ».

Suicides et malaises voyageurs

Alain Krakovitch a également indiqué qu’il réfléchissait à installer des portes palières (séparant le quai de la voie) dans certaines gares de RER, principalement « dans les zones qui concentrent les suicides » pour prévenir les accidents graves. La SNCF réfléchit aussi à la question de traiter plus rapidement les « malaises voyageurs » pour retarder les trains le moins possible. « Aujourd’hui, on n’a pas le droit de toucher ou de déplacer une personne qui fait un malaise, a souligné le responsable de Transilien. C’est en décalage par rapport à ce qui se fait dans d’autres pays. On travaille avec le SAMU pour pouvoir faire des diagnostics par téléphone pour pouvoir gérer plus facilement, sachant que la grande majorité des malaises, ce sont des gens qui n’ont pas pris de petit-déjeuner », affirme Alain Krakovitch.

Transilien, une situation très contrastée

Deux lignes (la H et la K) affichent une ponctualité supérieure à 91 %. Le bilan est moins flatteur pour la P, la J, et la U qui affichent des scores en baisse. Enfin, deux lignes de Transilien sont en « grande difficulté » selon la région. La ligne R (Paris-Montargis, Paris-Melun/Montereau) a perdu 5 points de ponctualité depuis 2014. De nouvelles rames Régio 2N sont en cours de déploiement pour renouveler le matériel. De son côté, la ligne N (Paris-Dreux, Paris-Mantes-la-Jolie, Paris-Rambouillet, etc.) a vu sa ponctualité chuter de presque 6 points sur la même période. Là encore, de nouvelles rames sont attendues. Elles seront déployées à partir de 2020.

*La ponctualité voyageur (pour les RER et Transiliens) représente le pourcentage de voyageurs arrivant à l’heure ou avec un retard de moins de 5 minutes à leur gare de destination.