Embuscades dans les préfectures

Carole Bianchi - ©2008 20 minutes

— 

A elles seules, les préfectures d'Ile-de-France cumulent tous les dysfonctionnements liés aux conditions d'accueil des étrangers. Selon la Cimade, service oecuménique d'entraide qui a dévoilé hier une enquête menée à ce sujet dans trente-deux départements, ce constat s'explique en grande partie en raison de la taille importante des services. Les interminables files d'attente de sans-papiers se formant dès 4 h ou 5 h du matin devant les préfectures sont ainsi « symptomatiques » en Ile-de-France, selon Jérôme Martinez, représentant de la Cimade dans la région.

Mais d'autres points relevés par les chercheurs qui ont enquêté d'octobre 2007 à mars 2008 inquiètent le réseau. Les interpellations de sans-papiers sont récurrentes dans les préfectures des Hauts-de-Seine et en Seine-et-Marne. « En l'espace de six semaines, les observateurs ont relevé douze interpellations à la préfecture de Melun. Cela semble être un phénomène quasi quotidien, et certains choisissent aujourd'hui la clandestinité plutôt que la demande de régularisation », a souligné Sarah Belaïsch, coordinatrice de la commission migrants. C'est pourquoi la Cimade, dans une liste de propositions, demande de toute urgence d'interdire ce type d'arrestations.

Autre lieu, autre anomalie. Dans l'Essonne, et particulièrement à la préfecture d'Evry, les traitements des dossiers peuvent parfois prendre des années. Alors que la limite, selon la loi, est fixée à quatre mois. « Les dossiers sont bloqués si longtemps que la législation change parfois en cours d'examen », relève Jérôme Martinez.