Vente d’œuvres de Banksy à Paris: L'artiste ne détruit rien, les acheteurs font péter le portefeuille

ART L’œuvre phare de Banksy « Stop and Search » vendue ce mercredi à Paris est restée intacte et a été adjugée à 50.000 euros…

Romain Lescurieux

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Ce mercredi, la maison de ventes Artcurial, mettait aux enchères quatre oeuvres de l'artiste Banksy.
Ce mercredi, la maison de ventes Artcurial, mettait aux enchères quatre oeuvres de l'artiste Banksy. — R.LESCURIEUX / 20Minutes

« Il est là ce soir ? », questionne un journaliste. Ce mercredi, la maison de ventes Artcurial (8e arrondissement), mettait aux enchères quatre oeuvres de l'artiste Banksy, dont l’un des tableaux s’était partiellement autodétruit début octobre chez Sotheby’s à Londres.

Malgré l’attente et le suspens, le mystérieux artiste de Bristol qui maintient l’anonymat et n’est jamais là où on l’attend, n’a réalisé aucun coup d’éclat lors de cette vente à Paris. Pourtant, son nom était sur toutes les lèvres pour cette vente prévue depuis six mois.

« Le regard de Banksy »

« La vente continue, toujours sous le regard de Banksy. Ça me trouble », s’amuse lors d’une montée d’enchères sur un lot, le commissaire-priseur de la vente, Arnaud Oliveux, amusé. Pourtant, plus tôt dans la journée, toutes les précautions avaient été prises tant une nouvelle provocation n’était pas à exclure.

« On attend sereinement la vente, mais s’il doit se passer quelque chose, ce ne sera pas une redite », estimait auprès de l’AFP Arnaud Oliveux. « Nous serons particulièrement vigilants. Nous avons mis en place un dispositif de sécurité mais on cherche à le maintenir discret, sous-jacent, le plus light possible. Il n’y aura pas dix gorilles dans chaque pièce ! », assurait l’expert d’Artcurial. « Banksy ne va pas s’autoparodier. S’il doit faire quelque chose, il surprendra », confiait-il à la presse, peu avant la vente. Les œuvres ont notamment été vérifiées.

« On sent bien frémir un petit brouhaha, l’histoire amuse et ça excite. Les gens veulent faire partie du spectacle. Il y a des demandes supplémentaires par rapport à d’autres ventes. Certains demandent à s’enregistrer par mail ». Alors « on leur demande de montrer patte blanche, de s’identifier, on se renseigne un petit peu » sur eux, notait Arnaud Oliveux. « On s’attend surtout à des enchères qui s’affolent. C’est ce qui nous intéresse surtout ce soir », précisait-il juste avant de saisir le marteau.

« Le marché est chaud »

Selon l’expert, « le marché est chaud sur cet artiste. Banksy est aujourd’hui une valeur importante, le number one de l’art urbain et les acheteurs s’arrachent ses œuvres ». Et d’ajouter : « Il se peut que la fascination autour de lui - après l’autodestruction de son œuvre - rajoute à sa cote ». Mais les prix sont finalement presque restés raisonnables.

Parmi de nombreux lots, trois sérigraphies et un objet (un rat en résine qui tient un pinceau) de Banksy ont été mises sous le marteau. La première œuvre de la soirée Soup can Yellow a été adjugée à 36.000 euros. La seconde : Dirty Funker Future (Radar Rat), une sérigraphie sur une pochette de vinyle adjugée à 1.600 euros. La troisième : la sculpture Love Rat adjugée à 1.300 euros. Une quatrième à 9.000. Enfin, l’œuvre phare Stop and Search restée intacte et a été vendue 50.000 euros.

Début octobre, l’autodestruction partielle devant un public médusé d’une œuvre, juste après son acquisition pour 1,042 million de livres (1,185 million d’euros) chez Sotheby’s à Londres, avait jeté le trouble sur le marché de l’art.