L'A 104 mène tout droit à la discorde

Carole Bianchi - ©2008 20 minutes

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Dans le cortège, les manifestants avaient emporté masques chirurgicaux et vélos pour dire non au tracé du prolongement de l'A 104. Un millier de riverains et d'élus de divers bords opposés au projet d'autoroute entre Méry-sur-Oise et Orgeval (Yvelines) ont manifesté hier entre Poissy et Carrières-sous-Poissy. Selon le Collectif pour la protection des riverains de l'autoroute 104 (Copra 104), ce tronçon de vingt-deux kilomètres dont la construction a été relancée en 2006 par le ministre de l'Equipement de l'époque, Dominique Perben, aurait des effets sur la vie de plus de 180 000 habitants. Il affecterait l'île de la Déri­vation, actuellement piétonne, que l'autoroute et ses 110 000 véhicules par jour traverseraient. « Nous avons un cadre de vie incroyable. C'est un lieu de promenade paradisiaque. Ce projet n'a aucun sens ! », s'indigne Jean-Marc Le Corronc, riverain, qui avait écrit sur sa banderole « Béton + goudron = pollution ».

Pour ses défenseurs, l'A 104 permettrait d'ici à 2020 de fermer la boucle de la Francilienne et de désengorger les routes du secteur. « Tout cela est faux. Cette autoroute cumule par ailleurs toutes les nuisances, à l'exception des OGM, dénoncées par le Grenelle de l'environnement. Si on n'annule pas ce projet situé à vingt-cinq kilomètres des plus hauts décideurs, alors le Grenelle ne sera jamais appliqué », dénonce Grégoire Lanza, président du Co­pra 104. Sur son vélo, Philippe Chargy, habitant d'Andrésy, propose : « On s'est passé de l'autoroute jusque-là. Qu'on développe les transports en commun à la place ! »