Paris: Anne Hidalgo, la fin du trou d’air?

PARIS Elle a été sur tous les fronts tout au long de la semaine. Après plusieurs mois d’une séquence catastrophe, Anne Hidago semble peu à peu voir le bout du tunnel…

Caroline Politi

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Anne Hidalgo  la marche pour le climat
Anne Hidalgo la marche pour le climat — FRANCOIS GUILLOT / AFP

Plan anti-crack lundi, conférence de presse sur Autolib’mardi, marche pour le climat samedi, annonces sur l’hébergement des SDF dimanche… Impossible cette semaine de passer à côté d’Anne Hidalgo tant elle était sur tous les fronts. Fragilisée ces derniers mois par nombre de polémiques - les voix sur berge, le flop du nouveau Vélib’ou la démission surprise de son premier adjoint, Bruno Julliard – la maire de Paris veut reprendre la main sur cette séquence politique.

Des mesures emblématiques et consensuelles

Deux mesures emblématiques en moins d’une semaine. Et cette fois, exit les dossiers qui sentent le soufre. En annonçant lundi soir le renforcement d’un plan anti-crack dans la capitale et notamment le déblocage d’un million d’euros, Anne Hidalgo savait probablement que les opposants à cette mesure seraient rares. D’autant que depuis le démantèlement de la « Colline », haut lieu du trafic et de la consommation de ce dérivé de la cocaïne, la situation s’était dégradée dans le nord et l’est de la capitale.

Ce dimanche, c’est sur un autre dossier fédérateur que l’élue a choisi de faire des annonces. Dans une interview au JDD, Anne Hidalgo a promis l’ouverture de 1.500 places d’hébergement d’urgence avant la fin de l’année et a appelé le gouvernement à en faire de même. Surtout, afin de « montrer l’exemple, montrer qu’il est possible d’héberger des sans-abri partout », elle a assuré que certains centres seraient installés dans les locaux de l’Hôtel de Ville. Une mesure aussi symbolique que consensuelle, qui lui permet d’occuper le devant de la scène politique sans prendre de risques majeurs.

Hidalgo « respire »… et défend son bilan

La rentrée avait pourtant bien mal commencé pour la maire de Paris. Alors que l’été semblait avoir apaisé le « Hidalgo bashing », le coup de poignard est venu d’un de ses plus proches conseillers. A la mi-septembre, son premier adjoint, Bruno Julliard, a démissionné ne manquant pas, au passage, d’égratigner l’élue dont il dénonçait « les approximations et les erreurs ». La séquence aurait pu être catastrophique mais, hasard du calendrier, son plaidoyer écologique Respirer est paru moins de dix jours après ce fracassant départ. Sa promotion lui a offert une tribune médiatique pour riposter et défendre son bilan et ses réformes les plus impopulaires, à l’instar de la fermeture des voies sur berges. Des « batailles difficiles, épuisantes et parfois douloureuses » mais qui « méritent d’être menées », écrit l’édile.

Si elle assure que cet ouvrage n’est en rien un livre programme destiné à lancer sa campagne pour les municipales de 2020, comment ne pas s’interroger à la lecture de la conclusion de Respirer : « On me dit que je vais perdre. Pourtant, nous allons gagner. » Vœu purement écologique ou politique ?

Haro sur les vieux dossiers

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les dossiers qui ont parasité le printemps à la mairie de Paris semblent progressivement trouver une issue. Le consortium Smovengo a accéléré le déploiement des Vélibs cet été pour porter le nombre de stations opérationnelles à 823, soit environ 10.000 vélos. On est certes loin des 1.400 stations et 20.000 bicyclettes attendues mais les Parisiens commencent à voir à nouveau circuler ces montures grises et vertes dans les rues.

Quant au divorce tumultueux avec Autolib’, il semble en passe d’être digéré. Certes, les questions de fonds sont loin d’être réglées – à commencer par savoir qui soldera la facture de 235 millions d’euros – mais la mairie de Paris se projette d’ores et déjà dans l’après. Anne Hidalgo a annoncé en début de semaine la réouverture de 1.000 bornes dès le mois de décembre pour permettre aux automobilistes de charger leurs voitures électriques, et Renault a activé mercredi son service d’autopartage destiné à remplacer Autolib’. Pour l’heure, la flotte de Moov’In est très restreinte – 120 véhicules – mais le service ambitionne de se doter d’environ 520 voitures d’ici la fin de l’année. Le service sera également rapidement complété par Peugeot et Daimler.