Portail du cimetière du Père-Lachaise. (Illustration)
Portail du cimetière du Père-Lachaise. (Illustration) — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

CENTENAIRE

11-Novembre: Paris inaugure son premier monument aux morts parisiens de la Première guerre mondiale

Dimanche 11 novembre, à l’occasion du centenaire de l’Armistice, la maire de Paris, Anne Hidalgo, va inaugurer le premier monument aux parisiens de la Première guerre mondiale sur le mur d’enceinte du Père-Lachaise…

  • Entre 1918 et 1925, dans l’immense majorité des villes et villages de France, près de 30.000 monuments aux morts ont été édifiés. Sauf à Paris.
  • Mesurant 280 mètres de long pour 1,3 mètre de haut ce bâtiment municipal en acier et orné du blason de la ville de Paris, sera un « symbole de l’ampleur du conflit ».

EDIT: A l'occasion du centenaire de l'armistice de la Première guerre mondiale, nous vous proposons de relire cet article paru en octobre 2018. 

Quatre-vingt-quatorze mille quatre cent quinze. C’est le nombre de Parisiens tombés au combat durant la Première guerre mondiale. Leurs noms seront inscrits sur le premier monument aux morts de la capitale. Dimanche 11 novembre, à l’occasion du centenaire de l’Armistice, la maire de Paris, Anne Hidalgo, va en effet inaugurer, en présence de 500 écoliers parisiens, cet ensemble installé sur le mur d’enceinte du Père-Lachaise, le long du boulevard de Ménilmontant (20e arrondissement). Entre 1918 et 1925, dans l’immense majorité des villes et villages de France, près de 30.000 monuments aux morts ont été édifiés. Mais jamais à Paris. Pourquoi ?

« Jusqu’ici, c’était un peu du bricolage »

« Dans les années 1920, après le temps du deuil, il y a eu un élan de constructions de ces monuments sur lesquels ont été inscrits les noms des habitants du village morts durant la guerre. Quand Paris a essayé de le faire, il n’y avait pas les moyens techniques, donc il y a eu des bribes de monuments installés », explique Catherine Vieu-Charier, adjointe aux questions relatives à la mémoire, au monde combattant et également chargée des fonctions de correspondant défense. Dans chaque arrondissement, on retrouve ainsi à l’heure actuelle des plaques dans des écoles, des listes dans des églises, des livres d’or dans des mairies. « C’était un peu du bricolage », ajoute l’élue.

Alors, il y a six ans, la ville de Paris s’est alliée à la Sorbonne pour collecter tous les noms et dresser une liste qui se rapproche le plus de la réalité. A l’arrivée près de 95.000 identités sont remontées à la surface. « A partir de la base de données du ministère de la Défense, ça a été un très gros travail scientifique pour vérifier et contrôler. Un travail de titan », note Catherine Vieu-Charier. Un monument virtuel a également été mis en ligne pour être enrichie d’actes de décès, de pièces et d’informations historiques. Et ce, pour permettre à l’arrivée l’édification d’un monument physique. « Cent ans après, nous faisons revenir nos poilus dans la ville », se félicite l’élue.

280 mètres de long pour 1,3 mètre de haut

Mesurant 280 mètres de long pour 1,3 mètre de haut ce bâtiment municipal en acier et orné du blason de la ville de Paris, sera un « symbole de l’ampleur du conflit et du nombre de victimes, son horizontalité évoque ce trait d’union intemporel entre les générations passées et celles à venir, tandis que sa couleur bleu horizon rappelle la France et la teinte de l’uniforme des Poilus », note la ville de Paris. Les 94.415 noms seront listés par ordre alphabétique et date de décès et gravés sur cet espace. Selon la mairie, « un aménagement végétal et paysager lui a été consacré, afin de faciliter son appropriation par le public et d’en faire un lieu propice au recueillement et au souvenir ».