Paris:La baguette bientôt au patrimoine mondial de l’Unesco? Mais pourquoi?

SOCIETE Après les toits parisiens, les bistrots parisiens, c’est désormais au tour de la baguette d’être mise en avant pour l’Unesco…

Romain Lescurieux

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Une baguette tradition
Une baguette tradition — Boulangerie Aux Saveurs d'Oliver
  • Les élus du groupe Parisiens progressistes, constructifs et indépendants (PPCI, pro-Macron) estiment que cette inscription permettrait ainsi de « préserver l’excellence et le savoir-faire.
  • La maire de Paris, Anne Hidalgo, s’est d’ores et déjà montrée favorable à la démarche.

La célèbre baguette bientôt au patrimoine mondial de l’Unesco ? C’est en tout cas ce que souhaite le groupe Parisiens progressistes, constructifs et indépendants (PPCI) au Conseil de Paris. A l’occasion de cette session de rentrée, la formation politique s’engage avec la Confédération nationale de la boulangerie et de la boulangerie-pâtisserie française dans sa démarche visant à faire inscrire la baguette de pain française au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, en déposant un vœu en ce sens.

« Symbole national »

« Paris, en tant que capitale de la France, se doit de faire la promotion du symbole national qu’est la baguette de pain », note Jérôme Dubus, porte-parole du groupe pro-macron au Conseil de Paris. Selon lui, la baguette française, « produit emblématique de la gastronomie française et symbole national de la France » correspond à la définition du patrimoine immatériel.

Selon l’Unesco, ce patrimoine entend « préserver les traditions ou les expressions vivantes héritées de nos ancêtres et transmises à nos descendants, comme les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, rituels et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ou les connaissances et le savoir-faire nécessaires à l’artisanat traditionnel ».

« Un monument de la gastronomie française, de la culture parisienne »

Les élus du groupe PPCI estiment que cette inscription permettrait ainsi de « préserver l’excellence et le savoir-faire […], parce que l’inscrire n’est pas simplement inscrire le nom de la baguette, c’est avec elle inscrire des ingrédients, un savoir-faire et un tour de main ». La maire de Paris, Anne Hidalgo, s’est d’ores et déjà montrée favorable à la démarche.

« La baguette est un monument de la gastronomie française, de la culture parisienne et du savoir-faire des boulangers de Paris. Récompensée chaque année par le Grand Prix de la baguette tradition française, elle a toute sa place au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco », a-t-elle indiqué. Mais jusqu’où peut-on inscrire des traditions à ce patrimoine mondial ?

Quels sont les critères ?

D’après l’Unesco, les Etats soumettant – via le ministère de la Culture – une proposition doivent la décrire et expliquer pourquoi elle devrait être prise en compte et inscrite au registre des bonnes pratiques de sauvegarde. « Le programme, le projet ou l’activité réunit des expériences qui sont susceptibles d’être évaluées sur leurs résultats », mentionne un des critères. Ou encore : « Le programme, le projet ou l’activité peut servir de modèle ».

Ainsi, en 2012, le fest-noz – rassemblement festif basé sur la pratique collective des danses traditionnelles de Bretagne – a été inscrit au patrimoine culture immatériel de l’Unesco. Une demande pour que les bistrots parisiens y soient inscrits a également été récemment déposée. « Nous sommes à fond derrière cette initiative », avait déclaré Olivia Polski, adjointe au Commerce de la maire PS, Anne Hidalgo, lors d’une conférence de presse de l’association, conviée le 21 juin pour une « réunion de travail » à l’Hôtel de Ville. « Les bistrots sont des lieux de partage, de brassage, qui permettent à notre ville d’être si différente des autres capitales », avait-elle tweeté. D’autres, avaient eu moins de soutien.

En 2014, Delphine Bürkli, maire (LR) du 9e arrondissement avait porté la candidature des toits de Paris pour une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Anne Hidalgo avait désapprouvé ce souhait affirmant ne pas vouloir « mettre Paris dans le formol ».