Les campus franciliens recalés

Sophie Caillat - ©2008 20 minutes

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Sur les quinze dossiers déposés en Ile-de-France, pas un n'a été retenu mercredi par le jury d'opération Campus. Une décision que la Mairie de Paris juge « inconcevable ». Le plan, doté de cinq milliards d'euros, vise à rénover et à construire des campus universitaires. D'ici à juillet, sont invités à retravailler leur copie en vue du deuxième tour : Saclay, Paris Nord-Est, Paris Centre et Créteil Marne-la-Vallée. Au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, qui chapeaute cette opération, on explique que « Paris est un cas à part, avec une très haute qualité scientifique et une situation immobilière emmêlée », notamment à cause « d'un très fort éclatement des sites ». Pour se justifier, le ministère déplore que les propositions sur la vie étudiante ne soient pas menées à l'échelle de l'agglomération, citant le sport ou la restauration. Au nom du groupement Paris Universitas (cinq universités de sciences médicales et humaines), Didier Pomerol, président de Paris-VI se dit « presque consterné » de n'avoir pas intéressé le jury. « L'Etat va laisser le Quartier latin se vider de ses étudiants, abandonné aux magasins de fringues », déplore-t-il.

Mais le projet vers lequel tous les yeux se tournent, c'est celui de Paris Nord-Est, à cheval sur Paris, Aubervilliers et Saint-Denis. Cette « cité des humanités » où s'installeront l'Ecole des hautes études en sciences sociales, l'Ecole pratique des hautes études, Paris-I et le Conservatoire national des arts et métiers est bien avancée, puisque la région a « déjà mis 40 millions d'euros pour ce projet ambitieux et innovant et attend toujours le moindre euro de l'Etat », fait savoir le vice-président (Verts) en charge de l'Enseignement supérieur, Marc Lipinski.