Des lycéens. (Illustration)
Des lycéens. (Illustration) — V. WARTNER / 20 MINUTES

SECURITE

Saint-Denis: Contre les «intrusions violentes», la région renforce la clôture et la vidéo-protection d’un lycée

Le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis vient de connaître deux « intrusions violentes ». Les enseignants et surveillants ont exercé leur droit de retrait jeudi…

  • Un élève de 15 ans a été agressé par des assaillants armés, jeudi, avant que quatre personnes n’aspergent de gaz lacrymogène un prof et un autre lycéen.
  • Les mesures de sécurisation de la région ont été bien accueillies par le personnel enseignant, qui réclame cependant des « moyens humains ».

Trop, c’est trop. « Deux intrusions violentes en l’espace d’une semaine nécessitaient une réaction de fermeté inédite », a affirmé la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse en annonçant les mesures prises en faveur du lycée​ Paul-Eluard à Saint-Denis. La clôture de l’établissement va être refaite « complètement » et un système de vidéo-protection le long de la grille d’enceinte installé, pour un coût estimé à 220.000 euros.

En attendant que la nouvelle grille soit installée, la région va mandater des ouvriers pour « travailler tous les points faibles de la clôture », a-t-elle ajouté. Une réflexion est aussi en cours sur « la possibilité d’introduire des alarmes anti-intrusion ».

Jeudi, une quarantaine d’enseignants et de surveillants de ce lycée qui scolarise plus de 1.900 élèves ont exercé leur droit de retrait après l’intrusion de six personnes qui s’en sont pris à un élève de 15 ans. Les assaillants étaient munis de « couteaux et d’un marteau », affirmaient les enseignants dans un communiqué, jeudi. Vendredi, ce sont quatre personnes qui ont enjambé une clôture à l’arrière de l’établissement et ont aspergé de gaz lacrymogène un lycéen et un professeur de sport, selon une source policière. Présente sur les lieux, la police est intervenue rapidement.

Des agents de sécurité demandés en plus

« Ce qui me rend furieuse, c’est qu’un lycée qui a une aussi bonne réputation, une équipe enseignante aussi performante, qui a des classes prépa et des BTS, puisse être considéré comme un terrain de violences par des bandes qui ont décidé de provoquer l’institution », a ajouté Valérie Pécresse.

Elle a également annoncé son intention de « demander au ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer que la présence des quatre agents des équipes mobiles de sécurité [EMS, rattachées à l’académie] soit pérennisée ».

Ces mesures ont été bien accueillies par le personnel enseignant, qui réclame cependant des « moyens humains ». « La situation est explosive et les principales victimes, ce sont nos élèves, qui se font racketter ou se retrouvent mêlés à des bagarres de bandes qui les dépassent », a dénoncé une enseignante Agnès Renaud.

En avril, une pierre avait été jetée à travers la vitre d’une salle de classe, blessant une élève à la tête. Les enseignants avaient alors déjà exercé leur droit de retrait.

Une délégation doit être reçue à 18h30 par le rectorat de Créteil.