Vélib’: «Nous n’avons pas réussi à assurer la transition», estime Catherine Baratti-Elbaz

INTERVIEW Alors que le déploiement total du Vélib’ sera effectif début 2019, promet l’opérateur Smovengo, la présidente du Syndicat Autolib' Vélib' Métropole, Catherine Baratti-Elbaz, répond aux questions de « 20 Minutes »…

Propos recueillis par Romain Lescurieux

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Catherine Baratti-Elbaz (à droite) en compagnie de la maire de Paris, Anne Hidalgo.
Catherine Baratti-Elbaz (à droite) en compagnie de la maire de Paris, Anne Hidalgo. — CHAMUSSY/SIPA
  • Avec près d’un an de retard sur le calendrier initial, l’intégralité des 1.400 stations et 20.000 vélos en libre service Vélib' en région parisienne seront opérationnels début 2019.
  • Aujourd’hui il y a « autour de 820 stations » et « 10.000 vélos » disponibles, selon l'opérateur. 

Avec près d’un an de retard sur le calendrier initial, l’intégralité des 1.400 stations et 20.000 vélos en libre service Vélib' en région parisienne seront opérationnels début 2019, promet l’opérateur Smovengo. Alors que le syndicat mixte Autolib' et Vélib' Métropole (Smav) doit prendre une décision le 21 septembre sur la poursuite ou non du contrat accordé à Smovengo pour assurer le service Vélib', la présidente du Smav, Catherine Baratti-Elbaz, répond aux questions de 20 Minutes.

Après des mois chaotiques, Smovengo promet un service pleinement effectif au premier trimestre 2019. Vous leur faites encore confiance ?

Au début de l’été, nous avions demandé à Smovego un plan d’actions et des engagements précis pour la fin du mois d’août. L’objectif était d’améliorer le fonctionnement du service et de le stabiliser dans un premier temps autour de 800 stations dont 130 hors Paris. Dans ce périmètre, nous travaillons uniquement sur des stations électrifiées, en essayant de mettre en place des correctifs sur tous les dysfonctionnements, notamment informatiques, mécaniques, électroniques, etc. Fin août, les objectifs étaient atteints. Depuis, tout le monde peut constater qu’il y a plus de vélos dans nos rues et stations. Ces derniers jours, nous avons dépassé les 40.000 trajets par jour. Ce sont des signaux encourageants. A nous de voir comment le système résistera dans les semaines à venir.

Quelles sont les améliorations à apporter et les bugs encore existants dans ce déploiement ?

Tous les correctifs n’ont pas pu être appliqués sur l’ensemble des stations et des vélos comme les guides-roues et les fourches pour les prendre et les reposer sans encombre. Il y a une série d’éléments attendus qui n’est pas satisfaisante. Il y a encore des gros progrès à faire sur la fiabilité des données et l’information usagers. Entre les informations qu’il y a sur la carte et la réalité, il y a parfois un écart significatif. Nous restons donc mobilisés pour continuer d’améliorer le service.

Le 21 septembre prochain vous devez vous prononcez sur la poursuite ou non du contrat accordé à Smovengo pour assurer le service Vélib'. Qu’allez-vous dire ?

Ce que nous demandons aujourd’hui à Smovengo c’est de ne pas prendre des objectifs à minima mais de se recaler sur les objectifs du contrat, qui sont 1.400 stations et des vélos supplémentaires. Il y a encore du travail. Nous allons demander au PDG de Smovengo ses propositions pour la suite, comment compte-t-il atteindre l’objectif. Je veux qu’il prenne des engagements de calendrier et de méthode devant les élus. Ensuite, nous prendrons une décision. Dans la mesure, où nous avons accepté leur plan d’actions au début de l’été et que nous constatons que les objectifs ont été atteints, je ne proposerai pas la résiliation aux élus. En revanche, nous serons très vigilants et lucides.

Est-ce que Smovengo était vraiment taillé pour le job ?

Je note que depuis qu’il y a eu un changement de gouvernance du côté de Smovengo plus un recrutement important dans les équipes, nous arrivons à avoir des discussions plus fructueuses. On se dit les choses en toute transparence. Je dis quand je ne suis pas contente et je porte la parole des usagers que j’écoute.

Les maires de communes limitrophes qui attendent toujours le déploiement du service pourraient renoncer. Qu’avez-vous envie de leur dire ?

Certains me disent « je n’ai pas envie d’avoir de stations tant que ça ne fonctionne pas » et certains sont très impatients. Nous sommes tous très impatients. Le déploiement devrait s’effectuer avec un an de retard. Nous sommes conscients que nous n’avons pas réussi à assurer la transition comme on l’avait imaginé. La question maintenant est de savoir si on arrive à avoir un système métropolitain qui correspond aux besoins des usagers.

Les usagers eux aussi ont pu se détourner du Vélib’. Comment les faire revenir au service, à l’heure aussi où le « free floating » se développe beaucoup ?

Il faut avoir un service qui fonctionne. Nous avons des obligations de service public. Concernant le tarif, nous avons voté le remboursement des abonnements de janvier à août et nous proposons des abonnements à moitié prix en septembre, octobre et novembre. Enfin, si nous arrivons à le mettre en œuvre, le maillage sera plus important que celui des opérateurs de free floating. Nous allons servir la totalité du territoire. On aura un service très compétitif.