VIDEO. Paris: On a suivi un cours de kung-fu avec le seul moine Shaolin noir

KUNG-FU Dominique Saatenang enseigne le kung-fu Shaolin aux enfants et adultes du centre sportif Micheline-Ostermeyer, dans le 18e arrondissement de Paris…

Atika Bakoura

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Maître Dominique Saatenang enseigne le kung-fu traditionnel Shaolin à Paris 18e. Le 31 août 2018.
Maître Dominique Saatenang enseigne le kung-fu traditionnel Shaolin à Paris 18e. Le 31 août 2018. — A.B./20 Minutes
  • Dominique Saatenang s’est formé au kung-fu traditionnel au mythique temple Wing-Chun, en Chine, où il est devenu moine Shaolin.
  • Il est surnommé le « Bruce Lee africain » en Afrique et « L’aigle noir » en Chine.
  • Il a créé la troupe Shaolin Black and White ainsi que le Festival africain des arts martiaux (FADAM) en Afrique.

« Comme le Cobra, votre coup doit être senti avant d’être vu », affirmait Bruce Lee. Un mentor qui a inspiré Dominique Saatenang et l’a amené à devenir moine Shaolin. Dans le 18e arrondissement de Paris, celui qu’on appelle aussi le Bruce Lee africain fait face à une dizaine de petits guerriers, âgés de 5 à 12 ans. Ils débordent d’énergie et l’adrénaline est palpable dans la salle d’ arts martiaux du centre sportif Micheline-Ostermeyer. Alors que le maître, vêtu de sa tenue traditionnelle Shaolin, leur accorde une pause, la plus jeune, Juliette, âgée de 5 ans et demi, explose de joie après avoir réussi cette roulade arrière sur laquelle elle butait la veille.

Les mouvements martiaux reprennent et s’enchaînent à un rythme effréné au son d’une musique punchy. La fierté se lit sur les visages des parents rassemblés autour du tatami. L’œil avisé du professeur veille sur les mouvements et les postures des enfants. « On apprend tout le temps et on évolue. Ça me permet de maîtriser mon mental », élude l’un des plus grands, Martin, 12 ans. Pommettes rougies par l’effort, il a débuté le kung-fu à 6 ans. « Je me défoule et je m’amuse car le professeur est drôle et gentil. » Pas de compétition mais une volonté collective de pratiquer avec précision, exigence et dépassement de soi.

« Ça me détend. J’apprends le jeu de l’attaque et de la maîtrise », explique Margaux, 12 ans, vice-championne de France de kung-fu. Cela fait un an qu’elle s’entraîne deux fois par semaine sous l’œil attentif de Dominique Saatenang, qui l’enlace pour la féliciter de ses prouesses. « J’aime bien le professeur », résume-t-elle. Entre les disciples et le maître, le respect est mutuel.

Les kung-fu kids participent au stage de Dominique Saatenang à Paris 18e. Le 31 août 2018.
Les kung-fu kids participent au stage de Dominique Saatenang à Paris 18e. Le 31 août 2018. - A.B./20 Minutes

Dominique Saatenang s’est formé au temple Shaolin Wing-Chun, en Chine où il est surnommé « L’aigle noir ». Depuis, il prodigue, à son tour, l’enseignement traditionnel du kung-fu Shaolin aux jeunes basés en France et en Afrique.

 

La séance terminée pour les kung-fu kids, place aux performances du maître rejoint par sa troupe Shaolin Black and White composé de Yassine, Dominique, Franck et Hicham. L’échauffement est sonore et visuel. Dominique Saatenang manie le fouet qu’il fait claquer sur le tatami. Puis suivent des exercices de respiration et de concentration, appelés le qi gong, avec un travail d’énergie qui annonce une démonstration « de casse ». Le maître brise deux barres de fer sur son crâne face à des disciples dont les mains sont jointes au niveau du chakra du cœur.

La troupe Shaolin black and white orchestre des Taolus traditionnels, à Paris 18e. Le 31 août 2018.
La troupe Shaolin black and white orchestre des Taolus traditionnels, à Paris 18e. Le 31 août 2018. - A.B./20 Minutes

« Après une séance de kung-fu, je me sens serein. Le kung-fu me permet de développer ma concentration et de canaliser mon énergie », explique Dominique junior qui marche sur les traces de son père et professeur, Dominique Saatenang.

Le kung-fu comprend des postures animales que les moines instructeurs choisissent en fonction des capacités et de la morphologie de chaque élève. Ainsi, Dominique imite l’aigle. « Cela fait partie de mon caractère, calme, avec cette volonté de devenir plus fort. » Un long travail d’haleine qu’il partage avec les membres de la troupe. « Il faut savoir travailler tous les aspects du kung-fu afin de maîtriser toutes les postures. Sinon on est perdu », explique Yassine qui excelle dans la gestuelle du crapaud. Le bâton du maître ne se cassera qu’au deuxième essai sur le bras de Hicham.

La troupe participera, en avril 2019, au Festival africain des arts-martiaux (FADAM) créé par Dominique Saatenang et qui se dérouleront en Côte d’Ivoire. En attendant, Shaolin Black and White sera présente, le samedi 8 septembre, lors des journées portes ouvertes du centre sportif Micheline-Ostermeyer (22 bis, esplanade Nathalie-Sarraute dans le 18e).

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