Paris: Seule académie avec les zones rurales où le nombre d’écoliers chute

EDUCATION Une dépression démographique qui s’explique par « la sédentarisation des jeunes ménages » et au « vieillissement des occupants du parc de logements sociaux »…  

A.Ba avec AFP

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Ecoliers - Illustration
Ecoliers - Illustration — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

« Il y a deux types d’académies qui enregistrent une baisse de leur démographie scolaire : les académies rurales et Paris », a déclaré Gilles Pécout, recteur de Paris et de la région académique d’Ile-de-France, à l’AFP. Pour l’année scolaire 2018/2019, le rectorat de Paris évalue une baisse de 3.000 enfants dans les écoles maternelles et élémentaires publiques de la capitale (124.300 au total). A l’horizon 2020, la baisse sera de 19.000 écoliers en dix ans.

Les arrondissements du centre de Paris et parfois de l’est sont les plus touchés. Les effectifs sont toutefois en hausse dans les 12e, 13e et 15e arrondissements de la capitale. Une école ne rouvrira pas ses portes cette rentrée, dans le 3e arrondissement de Paris. En revanche, une autre a ouverte, dans le quartier du nouveau Palais de justice, dans le nord de Paris. Pour le moment, ce phénomène démographique n’a pas encore touché le secondaire mais il devrait se répercuter « d’ici deux à trois ans » au collège, a déclaré le recteur.

Le dédoublement des classes facilité

Cette « dépression démographique » s’explique par « un problème de sédentarisation des jeunes ménages », qui quittent Paris à l’arrivée du premier ou du deuxième enfant afin de payer des loyers moins élevés, ajoute Gilles Pécout. Autre facteur explicatif de cette baisse démographique dans les écoles, le vieillissement des occupants dans le parc des logements sociaux, précise le recteur. Leurs enfants ont grandi et sont au lycée ou ont quitté le nid familial.

La baisse du nombre d’écoliers dans la capitale a facilité la réforme des classes dédoublées en primaire, qui se poursuit à la rentrée sans poser de grosses difficultés de disponibilité de locaux pour accueillir les élèves. Cette année, Paris va dédoubler toutes ses classes de CP en réseaux d’éducation prioritaire (REP), tous ses CE1 en réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP +), qui s’ajouteront aux 53 classes de CP REP + dédoublés l’an dernier. « Un saut quantitatif spectaculaire », estime le recteur, puisque Paris passera ainsi à 440 classes dédoublées.

Quelque 90 % d’entre elles sont effectivement dédoublées avec deux salles de classe et une douzaine d’élèves par salle, les 10 % restant accueilleront deux maîtres pour une classe entière (plus de 20 écoliers).

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