Paris: Le policier qui a tué un automobiliste est mis en examen et placé sous contrôle judiciaire

ENQUETE Le gardien de la paix de 23 ans a été mis en examen à l'issue de sa garde à vue et n'a plus le droit d'exercer sa profession...

20 Minutes avec AFP

— 

Voiture de police (image d'illustration).
Voiture de police (image d'illustration). — ELSNER FABRICE/SIPA

Le policier ayant tué par balle ce mardi un automobiliste qui fuyait un contrôle routier à Paris a été mis en examen ce jeudi. Il est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer sa fonction de gardien de la paix, a annoncé le parquet.

A l’issue de sa garde à vue, le fonctionnaire de 23 ans a été mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique », a précisé le parquet. Cette qualification des faits est un crime et relève donc de la cour d’assises.

Le scooter d’un particulier

Outre l’interdiction d’exercer, son contrôle judiciaire prévoit une interdiction de détenir ou de porter une arme, conformément aux réquisitions du parquet. Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime, 26 ans, conduisait mardi soir une voiture avec un défaut d’éclairage et avait pris la fuite après avoir refusé de se soumettre à un contrôle de police dans un quartier proche des Halles, dans le centre de la capitale.

Le fonctionnaire de police était alors monté à l’arrière du scooter d’un particulier passé par là, et tous deux avaient pris en chasse la voiture, qui s’était retrouvée bloquée près de deux kilomètres plus loin, rue Condorcet (IXe arrondissement).

L’IGPN chargée de l’enquête

« Le policier est alors descendu du scooter et l’a sommé d’obtempérer. Mais quand le véhicule a fait marche arrière et percuté le scooter, le fonctionnaire a tiré un coup de feu », a rapporté une source proche du dossier. « J’exprime ma colère devant une réponse pénale en total déséquilibre avec les faits », a réagi ce jeudi son avocat Me Laurent-Franck Liénard auprès de l’AFP.

« Il a totalement respecté le cadre légal de l’usage de la force ; il tire en légitime défense des autres, pour protéger les citoyens qui risquent d’être renversés par cet homme », a-t-il estimé, dénonçant la sévérité du contrôle judiciaire. L’Inspection générale de la police nationale, ainsi que la police judiciaire parisienne ont été chargées de l’enquête.