Paris: La mairie porte plainte après la dégradation de la plaque à la mémoire de deux homosexuels, une enquête ouverte

INFO 20 MINUTES Une plaque à la mémoire du dernier couple homosexuel exécuté en France a été vandalisée lundi à Paris...

Laure Cometti

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Plaque posée à Paris (2e arrondissement), devant le 67 rue Montorgueil, en souvenir de l'exécution de Jean Diot et Bruno Lenoir, brûlés le 6 juillet 1750 du fait de leur homosexualité.
Plaque posée à Paris (2e arrondissement), devant le 67 rue Montorgueil, en souvenir de l'exécution de Jean Diot et Bruno Lenoir, brûlés le 6 juillet 1750 du fait de leur homosexualité. — CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49282153

Après la découverte des dégradations faites sur une plaque à la mémoire du dernier couple homosexuel exécuté en France, en 1750, la Mairie de Paris a déposé plainte, a appris 20 Minutes ce jeudi. Une enquête a été ouverte au commissariat du 2e arrondissement de Paris le 7 août après la découverte des faits de dégradations, nous a indiqué le parquet de Paris ce jeudi. Contactée par 20 Minutes, la préfecture de police de Paris n’a pas souhaité commenter cette affaire.

La municipalité a porté plainte mercredi « contre X » pour « destructions, dégradations et détériorations ne présentant pas de danger pour les personnes ». Cette infraction définie à l’article 322-1 du Code pénal est aggravée « lorsque le bien détruit, dégradé ou détérioré est destiné à l’utilité ou à la décoration publique et appartient à une personne publique ou chargée d’une mission de service public ». Elle peut être punie de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende. L'enquête devra déterminer si le mobile de cette dégradations est homophobe, comme l'a affirmé la mairie auprès de 20 Minutes.

La plaque a été recouverte de peinture et d'affiches

C’est la deuxième fois en quelques mois que cette plaque en hommage à Jean Diot et Bruno Lenoir est vandalisée. Surpris en plein acte sexuel le 3 janvier 1750, les deux hommes avaient été arrêtés à cet endroit et condamnés au bûcher. Il s’agit des derniers mis à mort en France pour leur homosexualité.

Cette plaque a été recouverte de peinture et d’affiches portant le message « pour faire un enfant : je suis un homme et pas un gay ». Les dégradations n’ont pas été revendiquées, a indiqué la Ville.